ABIDJAN
Le taux d’infection au VIH/SIDA chez les femmes enceintes en Côte d’Ivoire a baissé de 12,6 pour cent entre 2002 et 2004, à 8,3 pour cent, selon l’étude de surveillance sentinelle qui vient d’être rendue publique.
Cette enquête, la première du genre depuis le déclenchement de la guerre civile en septembre 2002, a été menée par les autorités entre octobre 2004 et juillet 2005 avec l'appui du projet américain Rétroci, du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et de la Coopération ivoiro-américaine contre le VIH/SIDA.
Selon le rapport final, rendu public vendredi à Abidjan, le taux de séroprévalence parmi les femmes enceintes âgées de 25 à 39 ans est passé de 9,5 pour cent en 2002 à 8,3 pour cent en 2004, un effritement que les auteurs de l’enquête ont noté dans chacune des grandes villes ivoiriennes.
Ainsi, le taux d’infection stagne autour de neuf pour cent dans la ville portuaire de San Pedro, à l’ouest du pays, tandis que la pandémie perd du terrain à Korhogo, la deuxième grande ville du nord, à 6,6 pour cent, contre 8,4 pour cent deux ans auparavant.
Par-contre, les données recueillies à l’hôpital général d'Abobo, une des communes les plus peuplées d’Abidjan, révèlent des taux d’infection au VIH très importants, de l’ordre de 15,5 pour cent.
Dès lors, l’une des conclusions auxquelles parvient l’étude est que le sud du pays, aux mains des forces gouvernementales depuis le déclenchement des hostilités, est beaucoup plus affecté par la pandémie de VIH/SIDA que le nord, contrôlé par une rébellion armée.
Sur les 3 608 femmes âgées de 25-29 ans et de 35-39 ans qui ont été dépistées au cours de l’enquête, la séroprévalence s’est en effet révélée plus élevée (en terme statistique) en zone gouvernementale qu'en zone rebelle, avec respectivement 9,1 et 6,8 pour cent des personnes positives.
La partie sud du pays regroupe la plupart des infrastructures sanitaires ivoiriennes, après la destruction et le pillage des hôpitaux et des centres de santé du nord. Des milliers de personnes déplacées, qui ont fui le manque de soins de santé, la présence des rebelles ou le manque d’emploi, s’entassent désormais dans les grandes villes du sud ivoirien.
Ainsi, dix pour cent des jeunes femmes enceintes sont séropositives à Abengourou, la ville qui affiche le plus fort taux d’infection, près de la zone tampon qui coupe le pays en deux.
Néanmoins, l’enquête a permis de souligner la précocité des grossesses chez les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans en zone rebelle, une population plus affectée et infectée par le VIH au nord et à l’ouest qu’au sud, avec 6,3 pour cent des filles dépistées positives, contre 2,9 pour cent en zone gouvernementale.
De façon plus générale, le rapport n’a pas noté de différences entre les femmes mariées et celles qui se sont déclarées célibataires, les taux d’infection étant identiques et tout aussi élevés, autour de 8,4 pour cent.
Les femmes interrogées s’étaient rendues en consultation dans l’un des 12 sites sanitaires sentinelles, répartis sur l'ensemble du territoire, des hôpitaux généraux, des maternités et des Centres hospitaliers régionaux.
Très inquiets quant à l’évolution de la pandémie, les acteurs de la lutte contre le sida et les humanitaires en Côte d’Ivoire, l’un des pays les plus affectés en Afrique de l’Ouest, avaient estimé les taux de séroprévalence entre 10 et jusqu’à 20 pour cent de la population adulte.
Afin de vérifier ces données, fondées sur des études partielles menées dans des régions particulièrement exposées au virus, les autorités ont démarré une enquête nationale, fondée sur un échantillon plus large que celui utilisé par l’étude sentinelle -- en cours de réalisation par l'Institut national de la statistique.
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