1. Accueil
  2. West Africa
  3. Côte d’Ivoire

Une grève des transports paralyse Abidjan pendant quatre jours

Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire, a été paralysée ce lundi par trois jours de grève des opérateurs des transports publics qui protestent contre le meurtre d’un chauffeur de taxi par un agent de police. D’après les informations parvenues des autres grandes villes, la grève y a également été observée.

La victime, Keita Kalilou (20 ans), conduisait dans le faubourg de Yopougon jeudi quand l’incident a eu lieu. Un témoin oculaire cité par les journaux locaux, y compris par Fraternité-Matin qui appartient à l’Etat, a déclaré que l’agent de l’ordre a tiré à bout portant sur Keita après l’avoir sommé de s’arrêter. Quelques heures après son décès, les deux principaux syndicats des transports de la ville ont décrété une grève de cinq jours.

Depuis vendredi, les activités économiques ont été fortement perturbées à Abidjan. A la fin de la semaine, la grève s’était étendue à d’autres importants centres urbains tels que Bouake dans le centre, et Abengourou, à l’est. Les transports publics entre le port de la ville d’Abidjan et le reste du pays sont quasiment au point mort.

La grève devait se poursuivre mardi.

Les négociations dimanche entre les autorités et les syndicats des transports n’ont pas abouti à un résultat, les chauffeurs exigeant du gouvernement qu’il prenne des mesures strictes pour prévenir de nouveaux décès. Les deux côtés devaient continuer les négociations ce lundi.
Les syndicats des chauffeurs ont indiqué que, depuis 1981, 21 chauffeurs des transports publics ont été tués par des agents de l’ordre, notamment cinq depuis décembre 2001.

"Nous voulons rencontrer le président..... nous nous sommes déjà réunis avec les ministres mais rien n’a changé », a commenté dimanche - lors d’une réunion entre les syndicats et des représentants du ministère des transports - Ouattara Siaka, secrétaire général de la Fédération des chauffeurs professionnels, cité par un journal local. « A chaque fois, ils nous disent ‘cela ne se reproduira plus.. nous paierons pour les funérailles’. Ce n’est pas ce qu’il nous importe le plus. Ce que nous voulons c’est qu’ils arrêtent de nous tuer ».

La Radio-Télévision Ivoirienne (officielle) a repris vendredi une déclaration du ministère de l’Intérieur informant que l’agent coupable a été arrêté et qu’il sera inculpé d’homicide volontaire. Une source proche du Mouvement ivoirien des droits de l'homme (MIDH), une organisation non gouvernementale locale de défense des droits de l’homme, a indiqué lundi à IRIN que l’incident vient appuyer une recommandation faite par le MIDH aux pouvoirs publics il y a quelque temps déjà: que les agents chargés de la circulation ne doivent pas être armés.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join