L'ambassadeur de la Grande-Bretagne en poste en République démocratique du
Congo (RDC) a ouvert un séminaire sur les droits de l'homme à Kinshasa ce
week-end en condamnant les arrestations arbitraires et les violations perpétrées par les soldats du gouvernement et les officiers de police.
" Chaque semaine nous apprenons que des personnes ont été menacées, arrêtées et détenues par la police, par l'armée, par des hommes en uniforme ou par des hommes au pouvoir. Et pour quelle raison ? " a demandé Jim Atkinson devant les avocats congolais de la Cour suprême.
" Il est manifeste que des violations des droits de l'homme continuent
d'être perpétrées ici à Kinshasa et bien souvent, par des individus qui
agissent en toute impunité. Lorsque nous essayons d'intervenir pour la
sécurité des citoyens, nous sommes nous-mêmes menacés, " a-t-il commenté.
Ses propos font suite à un incident survenu récemment au cours duquel des
membres du personnel de l'ambassade d'Allemagne à Kinshasa auraient été
menacés sous la menace d'un fusil par un général de la RDC.
M. Atkinson présidait à l'ouverture d'une série de séminaires de six mois
tendant à familiariser les avocats locaux avec la législation internationale sur les droits humains. Le gouvernement britannique finance les séminaires à hauteur de 28 000 dollars. Cette formation a coincidé avec une visite à Kinshasa de la nouvelle rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en RDC, Julia Motoc.
" Ne pensez pas que le monde ignore ce qui se passe ici ... Mon gouvernement
ainsi que d'autres gouvernements ont observé de très près ce qui se passe, "
a affirmé le diplomate britannique.
Les violations des droits de l'homme les plus graves ont été perpétrées dans
les territoires rebelles de la RDC mais M. Atkinson a ajouté que le
gouvernement avait également une part de responsabilité.
Il a confirmé qu'un grand nombre de progrès avaient été effectués au cours
des douze derniers mois, ajoutant néanmoins que les efforts de paix de
l'ancien Zaïre sont sapés par des éléments malveillants au sein des forces armées ou de la police.
" Il existe encore des individus au sein de l'Etat qui continuent à violer
les droits de l'homme de leur peuple. Et je ne parle pas des territoires
occupés, je parle de Kinshasa, " a-t-il précisé.
Le ministre congolais de la justice, Ngele Masudi, présent à la cérémonie
d'ouverture, a refusé de répondre aux commentaires de M. Atkinson.
" Je préfèrerais transmettre le message du gouvernement : Les droits de
l'homme sont aujourd'hui un droit indéniable et accepté. Le Congo a choisi de devenir un Etat aux normes internationales acceptées, " a-t-il ajouté.
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