Arrivé mercredi au Nigéria, M. Blair a rencontré le président Olusegun Obasanjo jeudi, avant de se rendre au parlement afin d'exposer ses vues sur le partenariat entre l'Afrique et la communauté internationale pour secourir le continent de la pauvreté. La première étape qui s'impose, a-t-il préconisé, réside dans la résolution des conflits violents variés qui affligent l'Afrique. « Depuis 1960, plus de huit millions d'Africains sont morts des suites de la guerre », a-t-il rappelé. « La condition préalable au développement en Afrique est la paix ».
Sa visite intervient au lendemain des récentes dévastations provoquées par la destruction d'une armurerie à Lagos et par des affrontements ethniques dans cette ville. Un millier de personnes au moins sont mortes alors qu'elles tentaient de fuir les obus qui explosaient, et près d'une centaine d'autres ont été tuées durant des violences entre les communautés de langue Haoussa et Yorouba. Les deux incidents ont mis en lumière les nouvelles tensions survenues dans le pays le plus peuplé d'Afrique, qui risquent d'aggraver l'ampleur de la pauvreté et de l'agitation sociale. Cependant, a-t-il remarqué, «l'Afrique mérite un nouveau partenariat qui ne soit pas issu du désespoir mais bien de l'espoir dans le futur ». « Aucune partie du monde ne saurait être sécurisée tant que chaque partie du monde n'est pas rendue sûre », a-t-il souligné, en relevant que l'état actuel de l'Afrique était « une plaie dans la conscience du monde ».
Il a loué le Nigéria pour ses activités de maintien de la paix en Afrique de l'Ouest, ajoutant qu'il s'enorgueillissait du rôle que ce pays a joué avec la Grande-Bretagne pour rétablir la paix en Sierra Leone. M. Blair doit également visiter la Sierra Leone, le Ghana et le Sénégal durant sa tournée.
Dans une lettre ouverte à M. Blair à la veille de sa visite, l'organisation internationale de défense des droits de l'homme Human Rights Watch l'a prié de s'exprimer sur le déclin du respect des droits de l'homme au Nigéria. « A mi-chemin du mandat de quatre ans de la présidence d'Olusegun Obasanjo, l'image globale des droits de l'homme au Nigéria reste mauvaise », a constaté Human Rights Watch. "En dépit des enquêtes sur les abus antérieurs, il y a eu des développements alarmants, en particulier la violence récurrente entre des groupes ethniques ou religieux dans plusieurs parties du pays ».
L'autre motif de préoccupation, a poursuivi le groupe, consiste dans l'utilisation continue d'une répression brutale de la part du gouvernement. Les incidents énumérés par Human Rights Watch incluent le meurtre de 200 civils au moins commis par des soldats dans l'Etat de Benue (région centrale) en octobre 2001, et le saccage, deux ans auparavant, de la localité d'Odi, dans l'Etat du Delta du Niger, durant lequel HRW estime que quelque 2000 personnes auraient été tuées.
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