L'association RI a précisé qu'elle ne pouvait citer que des incidents isolés
pour illustrer la catastrophe à l'est de la RDC, en raison de la difficulté
d'accès des communautés concernées : le viol est utilisé comme tactique de
guerre pour empêcher les femmes d'aller dans les champs. Les enfants ne
peuvent recevoir de vaccins car leur mère n'ont pas de vêtement. Les hommes
ne peuvent travailler que la nuit pour cacher leur nudité. La prostitution
infantile et l'esclavage sexuel sont très répandus. Enfin, le pillage des
champs de culture et le vol des récoltes par des groupes armés sont monnaie
courante.
RI a indiqué qu'elle ne peut pas recommander une massive intervention de la communauté internationale dans la crise en RDC car il n'existe pour
l'instant aucune volonté politique de mettre un terme à la guerre, tant sur
le plan international que régional.
A propos de l'intervention de la communauté internationale dans la guerre, RI lui reproche son aspect " faible et inefficace ", notamment à l'est de la RDC dont les besoins sont considérables.
" Une grande partie de la violence à l'est a lieu sans aucune justification
politique ou stratégique, " a ajouté RI. " C'est du banditisme - pour
permettre aux soldats de survivre. " La Mission des Nations Unies en RDC
(MONUC), citée par RI, a déclaré que le " meilleur moyen d'obtenir une
immédiate diminution du niveau de la violence serait que le gouvernement
rebelle à l'est - le RCD [Rassemblement congolais pour la démocratie] - commence à payer ses soldats et leur garantisse un repas par jour ".
RI a également indiqué que la MONUC interprétait son mandat de " façon trop
réservée ". " La MONUC a besoin d'expliquer clairement sa mission aux
Congolais, et de fournir un réel effort pour accroître sa crédibilité
générale par une campagne d'information publique, " selon RI.
Au nombre de ses recommandations, RI propose que la MONUC mette en place une
importante et continue campagne d'information publique, en utilisant
principalement la radio, pour expliquer sa mission et faire part de ses observations au peuple congolais ; que la Grande-Bretagne, la France, la
Belgique et les Etats-Unis placent une plus grande pression sur les
dirigeants du Rwanda et de la RDC pour mettre en application l'Accord de
paix de Lusaka, en imposant des sanctions économiques et en gelant les
comptes bancaires de ceux qui bénéficient de l'exploitation économique des ressources de la RDC ; et qu'un haut responsable de l'ONU soit basé à l'est
du Congo.
Parallèlement, des sources diplomatiques de Bruxelles ont déclaré à IRIN que le ministre belge des affaires étrangères, Louis Michel, est attendu en RDC de mercredi à dimanche. Il y rencontrera des représentants de l'Union pour la démocratie et le progrès social, les Forces innovatrices de l'union et de
solidarité ainsi que le Mouvement pour la libération du Congo, entre autres,
pour discuter du dialogue intercongolais.
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