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Cinq façons de réduire le traumatisme chez les orphelins du VIH

Mamaribe Hata-Hata, 17, and her father Ramarumo Hata-Hata, who has just tested positive for HIV. 20 June 2007. As her mother is dead, and her father's new partner also died two years ago, Mamaribe is the only one left to take care of him when he is sick
Mamaribe Hata-Hata, 17, nurses her sick father (Eva-Lotta Jansson/IRIN)

Lorsqu’un enfant perd un de ses parents à cause du VIH/SIDA, un soutien axé sur le travail de deuil l’aide à surmonter le traumatisme de la perte, mais lorsque l’enfant est à la fois pauvre et orphelin, ses chances d’avoir une vie épanouie sont réduites de manière significative.



Des études ont constaté des niveaux élevés de détresse psychologique parmi ces orphelins et suggère des interventions pour améliorer leur bien-être mental. Voici quelques moyens de diminuer le traumatisme chez ces enfants :



Les laisser dans la famille



La plupart des orphelins africains restent au sein de leur famille élargie, soit avec le parent restant, soit avec un grand-parent ou un autre membre de la famille s’occupant de lui. Des études montrent qu’il vaut mieux pour l’enfant qu’il reste dans sa famille ; le placement en institution ne devant être qu’une solution temporaire ou en dernier recours.



Laisser les frères et sœurs ensemble améliore aussi leur bien-être émotionnel ; une étude zambienne de 1998 a montré une augmentation de la détresse émotionnelle après une séparation de la fratrie.



De plus, il apparaît qu’il est préférable pour les orphelins de rester avec des parents proches plutôt qu’avec des personnes plus éloignées. Une étude de 2003 dans le district de Rakai, dans le centre de l’Ouganda, a montré que plus le parent est éloigné, plus faibles sont les chances de survie de l’enfant.



Satisfaire leurs besoins de base



Peu de parents africains laissent un testament, et la spoliation des biens est fréquente lorsque des adultes décèdent ; dans un sondage ougandais, 21 pour cent des orphelins âgés de 13 à 18 ans ont signalé une spoliation des biens. Le phénomène fragilise les moyens de subsistance de familles déjà affaiblies par le décès des parents.



De plus, les familles qui recueillent des enfants orphelins sont souvent pauvres ; des bouches supplémentaires à nourrir pèsent sur des ressources déjà limitées, jusqu’au point de rupture. Ces familles pourraient avoir besoin d’un soutien économique pour un plus grand nombre de personnes à charge.



Une étude de 2008 a suggéré que des programmes comme des systèmes de cantine scolaire, des projets de jardins potagers pour la sécurité alimentaire, des initiatives pour l’emploi et des aides ciblées pour l’obtention d’une bourse pourraient avoir des effets positifs sur la santé mentale des enfants rendus orphelins par le sida.



Fournir des soins psycho-sociaux



Etre confronté à la perte d’un parent est déjà suffisamment difficile, mais regarder mourir un parent, s’adapter à une nouvelle famille, faire face à la stigmatisation et à une situation économique qui empire rendent le soutien psychologique d’autant plus important. Une étude de 2002 à Dar-es-Salaam, la capitale commerciale de la Tanzanie, a montré que les orphelins étaient nettement plus disposés à intérioriser leurs problèmes que les enfants non-orphelins, compromettant leur santé mentale à long terme.



Le soutien psychologique lors d’un deuil est important, notamment pour les enfants les plus jeunes qui ne saisissent pas encore complètement le concept de mort. Les orphelins peuvent aussi avoir davantage besoin d’apprentissage de compétences, particulièrement s’ils ne vivent pas dans un environnement familial traditionnel et ont peu de chances d’apprendre, par exemple, le rôle des hommes et des femmes, et la manière de faire la transition entre l’enfance et l’âge adulte. Les groupes de soutien entre pairs peuvent être particulièrement utiles en permettant aux orphelins de partager leurs sentiments avec des gens qui vivent peut-être des situations similaires.



Rester à l’école



Les taux d’abandon scolaire ont tendance à être plus élevés parmi les enfants orphelins ; ils quittent souvent l’école pour s’occuper de leurs parents malades et ne retournent jamais dans le système éducatif. Une étude de 2004 de l’Université de Princeton portant sur 10 pays d’Afrique subsaharienne a montré que les orphelins étaient nettement plus touchés par de faibles taux d’inscription scolaire.



Selon Robinah Ssentongo, directrice de Kitovu Mobile Organization qui s’occupe de centaines d’orphelins ougandais, l’école est cruciale pour leur bonheur. Kitovu Mobile gère des écoles agricoles pour des enfants orphelins.



« Quand ces enfants ne sont pas à l’école il se passe quelque chose, ils refusent de penser, mais une fois qu’ils retournent à l’école ils retrouvent de l’intérêt pour leur vie », a-t-elle dit à IRIN/Plusnews. « La différence entre un enfant le premier jour de l’école agricole et un trimestre plus tard est étonnante – ils commencent à ressembler à n’importe quel enfant ».



L’école primaire gratuite a aidé à améliorer la présence à l’école de manière générale mais d’autres facteurs, comme le fait de vivre avec quelqu’un qui n’est pas un parent, continuent à entraver l’éducation des orphelins.



Des groupes de soutien en milieu scolaire entre enfants du même âge jouent également un rôle dans la réduction de la détresse psychologique des jeunes enfants et adolescents orphelins.



S’occuper des ‘aidants’



Les familles qui accueillent des orphelins font elles aussi face à certains défis – une nouvelle structure du foyer, des dépenses supplémentaires et la responsabilité de s’occuper d’un enfant en détresse psychologique.



Les familles d’accueil peuvent aussi avoir besoin de soutien psychologique pour pouvoir répondre de manière appropriée aux besoins émotionnels des orphelins.



Les grands-parents survivants endossent souvent le rôle de parents quand leurs enfants décèdent de causes liées au sida. Une étude ougandaise a montré que des grands-parents tuteurs vivaient des privations économiques extrêmes, se sentaient physiquement faibles pour donner des soins et émotionnellement très sollicités à cause des soucis qu’ils se font pour les enfants dont ils prennent soin.



Selon une étude sud-africaine de 2009, les familles s’occupant d’orphelins ne reçoivent pas le soutien dont elles ont besoin ; les auteurs ont observé un manque d’assistance des services sociaux et de la famille. Ils ont recommandé que les travailleurs de santé et les aides à domicile soient formés pour soutenir ceux qui prennent soin des orphelins.



Les auteurs de l’étude ougandaise recommandent que les grands-parents bénéficient « de soins de répit, de garde d’enfant, de soutien parental, de groupes de soutien, de développement des compétences et d’opportunités de loisirs pour les petits-enfants ».



kr/mw/sk/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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