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L’escalade de la violence en Somalie augmente l’incidence des attaques sexuelles contre les femmes et les filles et accroît les risques d’infection au VIH, ont dit des travailleurs humanitaires basés dans la région.
« Bien qu’actuellement nous n’ayons pas de données précises sur l’ampleur de la violence sexuelle à travers le pays, selon plusieurs rapports d’acteurs locaux et internationaux présents sur le terrain, elle serait en hausse », a dit à Irin/PlusNews Cecilia Kaijser, conseillère en genre pour le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) en Somalie.
Les combats entre le gouvernement fédéral de transition (TFG), appuyé par l’Ethiopie, et les insurgés se sont intensifiés, surtout en Somalie du centre sud, depuis que les forces du TFG ont défait les militants de l’Union des tribunaux islamiques, en janvier. Des dizaines de milliers de personnes ont fui Mogadiscio, la capitale, pour se rendre dans des camps pour les déplacés internes (IDP) où la sécurité est relative.
Selon des rapports anecdotiques d’OCHA, des adolescentes et des femmes ont été enlevées, harcelées et violées, ce qui accroît les risques de grossesses non désirées et d’infection au VIH. Toujours selon l’agence, le couvre-feu imposé par le gouvernement empêche les personnes qui ont besoin d’une assistance médicale urgente de se rendre dans les structures sanitaires.
« Nous sommes convaincus que la violence sexuelle et sexiste, symptôme du statut inférieur des femmes et de leur faible pouvoir de négociation, est un facteur de propagation du VIH en Somalie », a dit Leo Kenny, directeur du Programme commun des Nations Unies pour la lutte contre le sida (ONUSIDA) en Somalie.
« Néanmoins, nous avons besoin - et sommes en train de rassembler - des données empiriques précises qui nous donnerons une meilleure idée de la situation du VIH dans le contexte somalien ».
L’ONU et ses partenaires locaux et internationaux ont mis en place plusieurs projets visant à protéger les femmes et les filles de la violence sexuelle et à s’assurer qu’elles reçoivent des soins adaptés après les agressions.
A travers son programme d’« Assistance aux victimes de violence sexuelle » (Caring for Survivors, en anglais), l’UNICEF aide aussi à la formation de 35 travailleurs sanitaires à Baidoa, une ville située à 240 Km au nord-est de Mogadiscio, où la situation est particulièrement dangereuse.
Selon Ulrike Gilbert, un responsable de projet VIH/SIDA au bureau de l’UNICEF en Somalie, « ils apprennent les techniques de base pour mener un entretien et rédiger un rapport afin de mettre les femmes en relation avec notre partenaire l’UNFPA [le Fonds des Nations Unies pour la population] pour leur apporter une assistance médicale et psychologique ».
L’UNFPA a récemment formé des travailleurs sanitaires de la région centre-sud de la Somalie pour fournir une assistance médicale et psychosociale aux victimes de violences sexo-spécifiques.
« Il n’y a aucune structure en Somalie capable d’offrir aux victimes un traitement prophylactique en post-exposition (PEP), a indiqué le docteur Penina Gathuri, coordinateur auprès de l’UNFPA pour les violences sexo-spécifiques [SBVG] en Somalie. « Nous donnons aux victimes de viols des antibiotiques ou des analgésiques – tout ce que nous pouvons trouver dans le centre – mais aucun traitement spécifique pour le VIH ».
L’UNFPA envisage de distribuer des kits PEP et des kits viol, et d’orienter les femmes gravement blessées vers des hôpitaux comme celui de Baidoa où l’agence appuie un gynéco- obstétricien.
« En partenariat avec HornAfrik Radio, une radio locale, nous également lancé un programme de sensibilisation communautaire à travers lequel sont diffusés des messages sur les violences sexuelles et sexistes » a indiqué M. Gilbert, qui travaille pour l’UNICEF. « Le Programme des Nations unies pour le développement [PNUD] est également chargé de prendre contact avec les chefs religieux somaliens pour s’assurer que nous partageons tous la même préoccupation ».
Selon ONUSIDA, le taux de séroprévalence en Somalie est de 0,9 pour cent, ce qui est sensiblement inférieur au taux des pays voisins. Cependant, l’insécurité qui prévaut incite des milliers de somaliens à traverser les frontières vers des pays comme le Kenya où le taux de séroprévalence est plus élevé, ce qui les rend encore plus vulnérables face à la menace du VIH.
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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions