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Une enquête du gouvernement sur des décès attribués aux pénuries d’ARV

[Mozambique] ARVs for HIV/AIDS at Santo Egidio clinic near Maputo. [Date picture taken: November 2004]
Wholesale ARV price mark ups cause confusion (M. Sayagues/PlusNews)

Le gouvernement a lancé une enquête afin de déterminer si la pénurie nationale d’antirétroviraux (ARV) était responsable des décès de personnes séropositives signalés dans le nord de l’Ouganda au mois de juillet.



Dans le district d’Apac, les travailleurs de la santé ont signalé au moins 17 cas de patients, dont la séropositivité avait été diagnostiquée, morts au cours des dernières semaines suite à une pénurie d’approvisionnement ayant provoqué l’interruption du traitement ARV, qui permet de prolonger l’espérance de vie des patients.



« Les enquêtes se poursuivent, et j’attends le rapport d’Apac pour confirmer qu’il s’agit bien de la conséquence d’un manque de médicaments antirétroviraux », a déclaré Zainabu Akol, directeur des programmes VIH au ministère de la Santé de l’Ouganda.



« Nous collaborons avec la personne en charge de la surveillance et de l’évaluation dans le district concerné, afin de déterminer si les décès étaient dus à la faim, au manque de médicaments ou à d’autres maladies », a indiqué Stella Kentutsi, du Réseau national des personnes vivant avec le VIH/SIDA en Ouganda.



Le nord de l’Ouganda est confronté à des pénuries alimentaires et à un fort taux de prévalence du paludisme ; M. Akol a déclaré que le gouvernement tenterait de déterminer si l’un de ces facteurs a pu contribuer à provoquer les décès.



Dans tout le pays, des centres de santé signalent une rupture de stocks d’ARV, que le ministère de la Santé explique par le fait que l’augmentation du nombre de personnes traitées n’est pas accompagnée d’une augmentation des financements permettant d’acheter les traitements.



D’après les estimations, environ 170 000 personnes sont inscrites aux programmes ARV du gouvernement. M. Akol a indiqué aux médias que depuis qu’un dépistage mobile national de grande envergure avait eu lieu en janvier, 100 000 nouveaux patients avaient été enregistrés, dont un grand nombre avaient besoin de traitements ARV ; le financement public et les dons, en revanche, n’ont pas augmenté.



Mme Kentutsi a raconté que le Réseau avait reçu de nombreuses plaintes de patients venant de plusieurs districts où les centres ont arrêté de démarrer de nouveaux traitements ARV.












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« Certains centres ne commencent le traitement que si le patient a un taux de CD4 inférieur ou égal à 150 [chez une personne saine, le taux de CD4 est compris entre 500 et 1 500] », a-t-elle expliqué. « Quand on démarre le traitement dans les phases finales, les effets sont plus longs à se faire sentir, et cela coûte plus cher ».



L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de débuter le traitement ARV quand les patients ont un taux de CD4 inférieur ou égal à 350.



D’après des sources officielles du ministère de la Santé, les pénuries nationales d’ARV sont également dues à un retard de versement des financements.



La semaine dernière, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a versé au gouvernement, avec retard, un financement de 4,2 millions de dollars, qui constitue une partie des 70 millions de dollars accordés à l’Ouganda dans le cadre de la septième série d’octroi de subventions. La dernière série de financements d’un autre donateur important, le Plan d’urgence du président américain contre le sida (PEPFAR), a pris fin, et selon M. Akol, les prochains financements ne seront pas versés avant octobre.



Le programme ARV de l’Ouganda est financé à 95 pour cent par les dons, les deux organisations qui apportent le plus de fonds étant le PEPFAR et le Fonds mondial.



Dans le budget national 2008-2009, 38 millions de dollars avaient été alloués à l’achat de traitements ARV, une première dans l’histoire de l’Ouganda. Le Parlement a récemment recommandé que cette somme soit pratiquement divisée par deux dans le budget 2009-2010.



Le programme ARV du pays a également souffert de dysfonctionnements de la chaîne d’approvisionnement : il est arrivé, dans le passé, que des médicaments soient périmés avant d’avoir quitté le National Medical Stores.



en/kr/mw/il/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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