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« Tu es toujours mon enfant, même si tu es mère »

Rachel Dlamini est la présidente du conseil d’administration de l’école secondaire de Kwadedangendlale à Zola, dans le bidonville de Soweto, aux portes de Johannesbourg. Sa fille âgée de 17 ans, vient tout juste de donner naissance à son premier enfant, donc Mme Dlamini va maintenant récupérer ses devoirs à l’école et reste en contact avec ses professeurs. Elle dit que cette grossesse les a rapprochées, et qu’elle est devenue une personne ressource pour les autres enfants de son école qui cherchent des conseils sur la sexualité.

« J’étais réservée, mais je veux aider, donc je parle même aux garçons. Je leur dis ‘si vous avez une aventure amoureuse, s’il-vous-plaît utilisez des préservatifs’. Mes garçons ont 22, 23 ans. On peut leur dire ‘vous ne devez pas faire ça’. Mais je leur dis ‘je ne veux pas élever un autre enfant’.

« Je leur dis ‘qui va s’occuper de ces enfants puisque vous ne travaillez pas ?’ Mais ces jeunes veulent se faire leur expérience ; ce n’est pas parce qu’ils ne savent rien [sur le sexe].

« J’avais vu qu’il y avait quelque chose qui se passait avec [ma fille] mais c’était difficile pour moi de poser des questions. Je sais que c’est une fille avec des formes mais quelque chose que je ne comprenais pas se passait au niveau de son ventre.

« A chaque fois que j’essayais d’aborder le sujet, elle devenait très agressive et partait, jusqu’à ce que finalement, un jour, nous nous retrouvions toutes les deux seules à la maison. J’ai pris la clé et je nous ai enfermées à l’intérieur. Je lui ai dit qu’il n’y avait aucun moyen de s’échapper et que nous allions discuter.

« Je lui ai dit ‘cette chose est là et elle ne va pas partir’. Je lui ai demandé qui était le père, je pleurais parce nous, en tant que famille, avions des rêves pour elle. Elle a dit qu’elle était enceinte de quatre mois, mais elle n’avait pas le ventre d’une femme enceinte de quatre mois.

« Dès que nous sommes entrées [à l’hôpital], la soeur [infirmière] l’a regardée et a dit ‘Toi ? Tu es enceinte de six mois’. J’ai failli m’évanouir.

« Ma première pensée avait été ‘nous allons la faire avorter si elle est enceinte de deux ou trois mois parce... qu’on ne sait pas si le père sera là [pour assumer l’enfant].

« J’ai pensé ‘si elle a l’enfant, elle va souffrir’. Mais à six mois, j’ai dit ‘maintenant, Dieu va s’en occuper’. Heureusement, le père a été présent et il a été vraiment d’un grand soutien.

« D’autres parents choisissent [dans cette situation] d’abandonner leur fille [en mariage] au garçon, mais j’ai dit à ma fille ‘le simple fait que tu aies un enfant ne signifie pas que tu sois une mère maintenant. Tu es toujours mon enfant et s’il y a quoi que ce soit qui t’inquiète, tu dois m’en parler’ ».

llg/kn/he/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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