Six mois après le début du soulèvement syrien

En Syrie, des milliers de personnes ont été tuées, blessées, déplacées ou emprisonnées depuis le mois de mars dans le cadre d’une série de manifestations contre le gouvernement syrien qui ont été impitoyablement réprimées par celui-ci. En quoi ce soulèvement est-il différent des autres et où en sommes-nous aujourd’hui ?



Contrairement à l’Égypte et à la Tunisie, la Syrie est peuplée d’un mélange complexe de sectes et de groupes minoritaires. Si les membres de l’élite dirigeante appartiennent à la minorité alaouite, une branche de l’Islam chiite, la majeure partie de la population est composée d’Arabes sunnites. Le pays abrite également des communautés kurdes, chrétiennes, druzes et d’autres chiites.



Si la crise en Libye pourrait n’avoir que peu de répercussions politiques sur le reste du monde arabe, les enjeux sont beaucoup plus importants en Syrie, car de nombreuses entités étrangères – du Hezbollah aux États-Unis – risqueraient d’être affectées.



La répression menée par le régime syrien a été beaucoup plus brutale qu’en Égypte ou en Tunisie. Selon le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, les services de sécurité ont tué plus de 2 700 personnes et utilisé des tactiques assimilables à des crimes contre l’humanité.



Les activistes et les groupes de défense des droits de l’homme estiment plutôt le nombre de victimes à 5 300. D’après le gouvernement syrien, de nombreuses victimes appartenaient aux forces de sécurité, et le bilan d’Al Jazeera s’élève à 700 victimes.



Mais la violence n’est pas aussi répandue qu’on peut le croire lorsqu’on voit les images à la télévision. La capitale, Damas, et la deuxième plus grande ville du pays, Alep, demeurent calmes et montrent peu de signes d’instabilité.



Dans ces villes, « la vie suit son cours », a dit Ben Negus, un responsable de programme du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) qui a participé à une mission des Nations Unies en Syrie à la fin août. « Les commerces sont ouverts. Il y a des voitures dans les rues. Les enfants vont à l’école. Les hôpitaux accueillent des patients. La vie continue ».



Sur l’ensemble du territoire, des barrages ont été érigés sur les principales artères qui mènent aux villes et il est difficile de se déplacer entre celles-ci. Il est toutefois possible de circuler relativement librement à l’intérieur des villes et des villages.



« Il est facile d’assumer que les problèmes sont répandus », a dit M. Negus à IRIN, mais « les actes de violence qui ont été commis étaient… plus ciblés ». Il a cependant ajouté qu’il était difficile d’évaluer le niveau d’insécurité dans l’ensemble du pays.



Les manifestations sont beaucoup plus localisées qu’elles ne l’étaient en Égypte ou en Tunisie. Elles ne rassemblent souvent que quelques centaines de personnes qui manifestent pendant moins d’une heure avant de se disperser, a dit à IRIN à Damas un travailleur humanitaire qui a préféré garder l’anonymat.



« J’ai vu des vidéos qui avaient été enregistrés à certains endroits où les manifestations n’ont même pas duré 10 minutes », a-t-il dit. Il s’agit peut-être d’une stratégie des manifestants pour échapper aux services de sécurité.



ACTEURS CLÉS



Le gouvernement syrien



Lorsqu’il a succédé en 2000 à son père Hafez, qui avait régné sur la Syrie pendant trente ans, Bachar Al-Assad bénéficiait d’une certaine popularité. Père et fils avaient des racines alaouites qui leur venaient de petits villages situés dans les montagnes. Ainsi, à son arrivée au pouvoir Hafez Al-Assad représentait les campagnes jusque là marginalisées et, en ce sens, défiait l’élite urbaine de l’ère ottomane et du mandat français. (Sous le règne ottoman, les alaouites – tout comme les Druzes et les chrétiens – se voyaient rarement attribuer des postes de pouvoir ou d’influence). Bachar Al-Assad a cependant grandi à Damas et a fini par faire partie d’une nouvelle élite urbaine, de plus en plus sectaire. Il semblait malgré tout favorable à la mise en œuvre de réformes.



En janvier dernier, il a décrit les soulèvements en Égypte et en Tunisie comme étant le résultat de décennies de stagnation au Moyen-Orient. Dans une interview avec le Wall Street Journal, il a dit : « Nous devons aller aussi vite que le changement, en tant qu’État et en tant qu’institutions...».



En février, un responsable du gouvernement syrien a dit au International Crisis Group (ICG), une organisation non gouvernementale (ONG) basée à Bruxelles : « Nous avons été forts en politique, mais faibles en ce qui concerne la règle de droit, la lutte contre la corruption et ainsi de suite. Plusieurs s’opposent déjà à tout changement parce qu’ils estiment que procéder à ces changements pourrait être interprété comme un signal de faiblesse. Je ne suis pas d’accord : je crois plutôt que cela envoie un signal de force. Dans nos réunions, les gens ont tendance à se contenter d’insister sur le fait que notre cas est très différent de celui de l’Égypte. Mais s’il s’agit d’un avertissement pour le reste de la région, pourquoi ne pas en tenir compte ? »



Il existe deux camps au sein du gouvernement de Bachar Al-Assad : les réformistes et les conservateurs. Selon les analystes, le président, dès qu’il est entré en fonction, est devenu dépendant des conservateurs. « Les gens qui l’entouraient et qui avaient des intérêts personnels à protéger étaient inquiets. Ils ont pris le dessus sur lui et ont mis un frein [aux réformes] », a dit à IRIN Jubin Goodarzi, qui enseigne les relations internationales à l’université Webster, à Genève.



Les services de sécurité, dont les membres sont principalement alaouites, sont les principaux responsables de la répression actuelle. Mais l’ICG a indiqué, dans un rapport publié en juillet, qu’il y a des frustrations par rapport au statu quo même au sein de cette élite.



« On a tendance à assumer que tous les alaouites sont bien lotis parce qu’une élite alaouite est au pouvoir », a dit à IRIN Chris Phillips, un analyste de la Syrie pour l’Economist Intelligence Unit (EIU) qui a vécu en Syrie pendant plusieurs années. « De vastes pans de la communauté alaouite sont très pauvres et vivent dans des villages situés dans les montagnes près de Lattaquié et de Banyas. Pendant 40 ans, ils n’ont tiré aucun avantage d’avoir un président alaouite ».



Le gouvernement n’a pas déployé l’armée dans les mêmes proportions [que les services de sécurité], probablement parce qu’il ne peut s’assurer de la loyauté des soldats, qui sont majoritairement sunnites.



L’opposition



D’abord inspirés par les événements en Égypte et en Syrie, les manifestants souhaitaient obtenir des réformes en faveur d’une plus grande liberté politique et de la démocratie. Si le gouvernement a finalement mis en œuvre des petites réformes, celles-ci étaient trop timides et sont arrivées trop tard. Par ailleurs, la violente répression menée par les autorités a poussé plus de Syriens à descendre dans la rue pour rejoindre les manifestants, dont l’objectif semble maintenant être d’en finir avec ce régime.



La libéralisation de l’économie syrienne entreprise par Bachar Al-Assad a également été source de frustration pour la population. Ce processus a en effet entraîné l’économie syrienne de plus en plus loin du modèle socialiste et favorisé la création d’une élite principalement liée au régime, qui, selon M. Phillips, a commencé à bénéficier du copinage — « ceux qui entretenaient des liens avec le régime obtenaient tous les contrats ».



Les manifestants pacifiques forment la majeure partie de l’opposition. Celle-ci est principalement composée de jeunes Arabes sunnites appartenant à la classe ouvrière (les Arabes sunnites comptent pour environ 60 pour cent de la population et les Kurdes sunnites, pour 15 pour cent), mais les organisateurs sont souvent mieux éduqués et font partie de la classe moyenne. Si l’opposition rassemble des adeptes de toutes les religions, sectes et idéologies, selon certaines informations, la majeure partie des chrétiens s’inquiètent du genre de régime qui pourrait remplacer celui de Bachar Al-Assad ; les Druzes n’ont pas pris position ; et les Kurdes soutiennent le soulèvement.



Il existe plusieurs groupes d’opposition différents, des « comités locaux de coordination » à la Commission générale de la révolution syrienne, qui organisent les manifestations en Syrie, en passant par les organisations de la diaspora. Il n’existe cependant aucune coordination entre les divers groupes. Si le Conseil national syrien récemment créé en Turquie constitue la première initiative importante en ce sens, l’organisation a cependant rencontré une certaine résistance de la part des organisations populaires sur le terrain. Pour l’instant, les manifestations dans les différentes régions du pays ne sont coordonnées par aucun organe central, même si les activistes et les comités locaux des différentes villes communiquent souvent entre eux.



Selon certains analystes, les allégations du gouvernement selon lesquelles des islamistes, des trafiquants criminels et des groupes armés soutenus par d’autres pays feraient partie des forces de l’opposition ne sont pas nécessairement fausses. D’autres estiment que le soulèvement n’est pas organisé et qu’il est plutôt le fait de « locaux qui en avaient marre de la violence qui leur était infligée par le régime et qui ont décidé de prendre les armes qu’ils avaient gardées pendant des années et de riposter », comme l’indique M. Phillips. Parmi ceux qui sont armés, on compte plusieurs déserteurs, mais nombre d’entre eux n’ont pas d’armes.



D’une façon ou d’une autre, « la situation est plus complexe qu’il n’y paraît », a dit M. Goodarzi. « On ne peut se contenter de considérer comme fausses les informations qui nous parviennent et selon lesquelles des éléments armés… engagent le combat et tuent des membres des forces et du personnel de sécurité ».



D’après certains activistes, les soldats qui sont morts ont été abattus par les forces de sécurité parce qu’ils refusaient de tirer sur les manifestants, et non pas par des bandes armées comme le prétend le gouvernement. Mais selon l’ICG, de nombreux Syriens continuent de se méfier des forces de l’opposition, dont le nombre ne croît pas aussi vite qu’en Égypte ou en Tunisie.



« Le nombre de personnes participant au soulèvement est plutôt exagéré », a dit Khair El-Din Haseeb, président du comité exécutif du Centre d’études de l’unité arabe, basé à Beyrouth.



« L’opposition ment parfois plus que le gouvernement lui-même », a dit le travailleur humanitaire à Damas, ajoutant que le récit de l’offensive maritime de la ville côtière de Lattaquié, dans l’ouest du pays, en août dernier – utilisé par l’opposition comme un exemple de la brutalité du régime — « n’était qu’un ramassis de foutaises. Il n’y a jamais eu d’offensive ».



Il a dit que des gens avaient mis le feu à des pneus entassés sur les toits des immeubles pour créer de la fumée et faire croire qu’il y avait eu pilonnage. M. Negus, de l’OCHA, a dit qu’il n’y avait pas de cratères à Lattaquié lorsqu’il s’y est rendu. D’autres responsables des Nations Unies, et notamment le coordonnateur humanitaire des Nations Unies en Syrie, Ismail Ould Cheikh Ahmed, ont dit qu’ils avaient obtenu des informations contradictoires à ce sujet. M. Ould Cheikh Ahmed n’a cependant vu aucune preuve permettant d’attester que ces événements ont bien eu lieu. Selon un autre responsable des Nations Unies, la version des événements proposée par l’opposition pourrait faire partie de « l’aspect médiatique du conflit ».



Puissances extérieures



En avril, Washington a accusé Téhéran d’aider Damas à réprimer le soulèvement du peuple syrien et imposé des sanctions à des membres de la Garde révolutionnaire d’Iran pour leur rôle dans la répression.



« Le gouvernement de Téhéran va faire tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir le gouvernement de Bachar Al-Assad », a dit M. Goodarzi, auteur de Syria and Iran: Diplomatic Alliance and Power Politics in the Middle East [Syrie et Iran : Alliance diplomatique et politique de pouvoir au Moyen-Orient]. Cette aide inclut notamment la fourniture de tenues antiémeutes et des conseils sur la surveillance d’Internet, mais il semble que quelques conseillers seulement aient été envoyés sur le terrain, a-t-il ajouté.



Les activistes croient également que le Hezbollah, cet influent mouvement de résistance chiite libanais, soutient le gouvernement syrien, car celui-ci lui fournit des armes.



D’autres analystes rejettent cette hypothèse : « Pourquoi les Syriens auraient-ils besoin de tireurs d’élite du Hezbollah ? Ce sont eux qui les ont entraînés », a dit Timur Goksel, qui a travaillé pendant de nombreuses années comme conseiller en chef de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) et qui donne maintenant un cours sur le conflit au Moyen-Orient à l’université américaine de Beyrouth.



Sans pour autant écarter la possibilité qu’Israël fournisse des armes aux forces de l’opposition, certains analystes soutiennent que l’Occident est ambivalent par rapport à la situation en Syrie.



« Je ne crois pas que les principales puissances extérieures, comme les États-Unis et Israël, souhaitent véritablement la chute du régime syrien, parce qu’elles ne sont pas certaines de l’alternative, et qu’elles ont bien trop peur de se retrouver avec un régime islamique », a dit M. Haseeb, l’universitaire de Beyrouth. « En même temps, elles veulent affaiblir le régime existant pour pouvoir négocier plus facilement avec Bachar Al-Assad ».



Selon Radwan Ziadeh, directeur du Centre syrien d’études politiques et stratégiques et professeur invité à l’Institut d’études du Moyen-Orient de l’université George Washington, Israël a tout intérêt à maintenir le statu quo. « La frontière entre la Syrie et Israël est très paisible et [Israël] ne veut pas qu’il y ait de changement à Damas ».



Certaines puissances régionales, comme la Turquie et l’Arabie saoudite, ont également des intérêts dans le conflit et préféreraient que la Syrie soit dirigée par un gouvernement sunnite. Les communautés syriennes de la Turquie, du Liban, de l’Irak et même du Golfe pourraient être impliquées dans l’acheminement d’armes ou d’argent vers la Syrie pour soutenir l’opposition, a dit le travailleur humanitaire. Mais ni l’Arabie saoudite ni la Turquie ne souhaitent être responsables d’une guerre civile.



ET MAINTENANT ?



La Syrie est actuellement dans l’impasse, et celle-ci pourrait durer plusieurs mois. « L’opposition ne peut pas renverser le régime et le régime ne peut pas faire taire l’opposition », a dit M. Haseeb.



En Égypte, c’est le soutien accordé par l’armée aux manifestants qui a fait pencher la balance en leur faveur. Jusqu’à présent, en Syrie, il n’y a eu que quelques désertions individuelles dans les rangs inférieurs de l’armée et aucun signe concret ne suggère une éventuelle scission au sein des services de sécurité. À ce stade-ci, le régime de Bachar Al-Assad contrôle toujours fermement le pays.



Intervention internationale



Jusqu’à présent, les grandes puissances comme les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne n’ont pas manifesté la volonté de s’engager dans une autre intervention militaire. D’après l’ICG, une telle intervention « pourrait déclencher la guerre civile sectaire que la communauté internationale souhaite éviter et provoquer une plus grande instabilité dans une région déjà instable. Ce serait par ailleurs une aubaine pour le régime qui, à plusieurs reprises, a décrit le soulèvement comme étant l’œuvre de conspirateurs étrangers ».



D’ailleurs, « de quelle nature serait cette intervention ? Une zone d’exclusion aérienne ? Il n’y a rien qui vole de toute façon », a dit M. Goksel. « Si on envoie des troupes en Syrie, c’est la guerre assurée. Je ne crois pas que personne n’en ait l’intention pour l’instant ».



Selon M. Phillips, de l’EIU, la Turquie pourrait être l’exception. « Si la Turquie sent qu’une guerre civile se prépare juste à côté, elle pourrait décider de déployer son armée pour assurer la résolution rapide d’un éventuel conflit ».



Les activistes sont de plus en plus nombreux à demander l’envoi d’observateurs internationaux. La Commission générale de la révolution syrienne a appelé le Conseil de sécurité des Nations Unies à « prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la population civile menacée en procédant notamment au déploiement d’urgence d’une mission de surveillance des Nations Unies ».



Plus de sanctions



L’Occident a préféré opter pour l’imposition de nouvelles sanctions. Selon M. Ould Cheikh Ahmed, le principal responsable des Nations Unies en Syrie, ces sanctions contribuent à aggraver une situation économique déjà difficile.



Jusqu’à présent, les sanctions n’ont pas eu beaucoup d’effet sur les agissements du gouvernement. Toutefois, si la situation économique continue de se détériorer et que les communautés plus aisées de Damas et d’Alep sentent qu’elles sont affectées, elles pourraient choisir d’accorder leur soutien aux forces de l’opposition. « La situation serait alors complètement différente », a dit M. Goksel.



M. Phillips est du même avis : « C’est l’économie qui peut faire céder le régime », a-t-il dit, suggérant par ailleurs comme scénario possible un coup d’État interne soutenu par un milieu d’affaires qui pourrait éventuellement considérer le président Al-Assad comme un obstacle à un retour à la normalité.



Les Nations Unies ont indiqué que malgré l’existence de « poches de besoins », il n’y a pas encore de véritable crise humanitaire sur l’ensemble du territoire syrien. Le conflit a cependant entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes, affecté les moyens de subsistance des Syriens et rendu plus difficile l’accès aux soins de santé. M. Ould Cheikh Ahmed s’est dit préoccupé par la dégradation de la situation humanitaire que risque d’entraîner la poursuite du conflit.



Guerre civile



Selon certains analystes, le risque de guerre civile s’accroît. « L’opposition a de plus en plus de difficulté à préserver la nature pacifique de la révolution », a dit à IRIN Mousab Azzawi, un militant des droits de l’homme auprès de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé au Royaume-Uni.



Dans une interview avec IRIN, M. Ould Cheikh Ahmed a indiqué que la guerre civile était désormais une possibilité qu’il fallait envisager sérieusement.



D’après M. Haseeb, les craintes concernant une hypothétique prise de pouvoir par les extrémistes religieux sont probablement exagérées. « Pour l’heure, l’organisation des Frères musulmans est très faible en Syrie ». Mais le mouvement fait partie du paysage politique syrien et aura probablement un rôle à jouer dans un éventuel nouveau gouvernement.



Débordement au Liban



Plusieurs partis politiques et groupes armés libanais ont des affiliations avec la Syrie, et nombre d’entre eux n’ont à répondre de leurs actes devant aucune autorité centrale capable de les contrôler.



Début septembre, le coordonnateur spécial des Nations Unies pour le Liban, Michael Williams, a exhorté les différentes factions libanaises à ne pas laisser les événements en Syrie affecter le Liban. Mais de l’autre côté de la frontière, certains se préparent déjà à une guerre civile, incertains de la réaction des diverses parties en présence.



Par exemple, pour protester contre la répression menée contre leurs compatriotes sunnites, les salafistes libanais pourraient s’attaquer aux intérêts syriens au Liban.



Affaibli par la perte de son allié, le président Al-Assad, le Hezbollah pourrait déclencher une guerre civile ou une autre guerre avec Israël « afin de créer une diversion pour se légitimer et protéger ses propres armes », a dit à la BBC Thanassi Cambanis, auteur de A Privilege to Die: Inside Hezbollah's Legions and Their Endless War against Israel [Le privilège de mourir : les légions du Hezbollah et leur éternelle guerre contre Israël vues de l’intérieur].



Mais l’époque des petits accrochages à la frontière est depuis longtemps révolue, selon M. Goksel. Le Hezbollah est tout à fait conscient qu’une guerre avec Israël serait très destructrice, et qu’il en serait « le plus grand perdant ».



D’après lui, il est plus probable que le Liban reste tranquille et que le soulèvement syrien finisse par faiblir, écrasé par la force brute du régime.



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