La sélection d’IRIN : Corruption dans l’humanitaire, Boko Haram et « califatalisme »

Chaque semaine, notre réseau international de correspondants vous fait part de sa sélection des enquêtes, interviews, rapports, blogues et articles de fond à ne pas manquer dans l’actualité, pour vous aider à rester au fait des crises mondiales. Nous vous informons également des événements clés (conférences, parutions d’ouvrages, débats politiques) à venir.

À lire : notre Top 4

With shift to local aid, corruption a rising challenge [Aide locale et corruption : un défi croissant pour les humanitaires]

La nécessité de donner davantage d’argent directement aux organisations locales était l’un des principaux sujets de discussion lors des consultations organisées en préparation du Sommet mondial sur l’aide humanitaire. L’Agence des États-Unis pour le développement international (US Agency for International Development, USAID) découvre cependant que cela n’est pas aussi simple qu’il y paraît. « Nous reconnaissons l’importance de travailler avec les locaux, mais l’aide se retrouve parfois dans des endroits mal gouvernés. Cela donne lieu à des compromis difficiles et à des problèmes complexes », a dit Neil Levine, directeur du Centre d’excellence en matière de démocratie, de droits de l’homme et de gouvernance de l’USAID. Lisez ce billet sur Devex pour en savoir plus sur la façon de financer des initiatives locales tout en prenant en considération la politique et la responsabilité.

Caliphatalism? [Califatalisme ?]

Ce long article narratif a été rédigé par une ancienne résidente de la ville irakienne de Mossoul qui vit maintenant à Dubaï. L’auteure offre un témoignage personnel sur la façon dont le groupe qui s’est donné le nom d’État islamique (EI) a progressivement pris le contrôle de la ville. L’histoire commence en 2007 et nous rappelle que l’EI n’est pas soudainement apparu à Mossoul en juin de l’année dernière. Une analyse exceptionnelle de l’évolution de la situation à Mossoul, cette ville à l’histoire agitée, auparavant multiculturelle, qui a fait l’objet de nombreux grands titres au cours des huit derniers mois.

The death of international development [La fin du développement international]

Même s’il a été publié il y a quelques mois, ce billet de blogue de Jason Hickel, chercheur à la London School of Economics, vaut la peine d’être lu. L’auteur soutient que les gens ne croient plus à l’aide étrangère et à l’aide au développement parce que l’argent investi dans les pays pauvres depuis plusieurs décennies n’a donné aucun résultat. Il critique par ailleurs le Narrative Project – une initiative menée en coulisse par la Fondation Bill and Melinda Gates, Oxfam, Save the Children et d’autres dans le but de lutter contre la lassitude et l’apathie face aux projets d’aide étrangère – et soutient que de modifier le vocabulaire employé ne changera rien au problème. Hickel dit que « l’histoire paternaliste de la charité et de l’aide, des sauveurs blancs et des pauvres victimes noires » n’est plus pertinente et qu’il est temps de « dire la vérité sur la façon dont les riches s’enrichissent sur le dos des pauvres ». Selon lui, les pays pauvres pourront seulement échapper à la pauvreté lorsque le problème endémique de l’évasion fiscale sera réglé dans le monde industrialisé et qu’une bonne dose de justice sera injectée dans le système de commerce mondial.

Co-Chairs' Summary: Regional Consultation Europe and Others Group - Budapest [Résumé des coprésidents : Consultation régionale du groupe Europe et autres]

L’an prochain, les puissants de ce monde, les grands et les petits, les vétérans et les novices du secteur de l’aide d’urgence – un secteur en pleine expansion qui pèse quelque 20 milliards de dollars – se réuniront en Turquie pour réorganiser l’aide humanitaire (#ReShapeAid) lors du Sommet mondial sur l’aide humanitaire. En quoi consiste ce sommet ? Que doit-on corriger ? Comment peut-on y arriver ? Vous trouverez des réponses à ces questions et à de nombreuses autres dans ce résumé très complet des consultations préliminaires organisées en Europe plus tôt ce mois-ci. Une lecture incontournable pour les collectionneurs de substantifs abstraits en vogue (comme « accès », « proximité », « protection », « résilience » et « innovation »).

À regarder :

Embedding with Aid Agencies: Editorial Integrity and Security Risks [Collaborer avec les organisations d’aide humanitaire : intégrité éditoriale et risques sécuritaires]

Les budgets réduits des organes de presse obligent aujourd’hui les journalistes à faire de plus en plus souvent appel aux organisations d’aide humanitaire pour obtenir des informations sur ce qui se passe sur le terrain. Cela menace-t-il leur indépendance éditoriale ? Les organisations d’aide humanitaire comblent-elles des lacunes dans la couverture médiatique des crises étrangères ? Le PDG d’IRIN Ben Parker aborde la question en compagnie de journalistes et de spécialistes des communications au Frontline Club, à Londres.

Une publication d’IRIN :

Échapper à Boko Haram – les récits des survivants

Notre collaborateur Obi Anyadike s’est rendu dans le nord du Nigeria cette semaine pour enquêter sur le report de l’élection et l’impact humanitaire de la présence de Boko Haram. Lisez les reportages qu’il a publiés depuis Maidiguri ainsi que notre article sur les milliers de Nigérians qui, ayant fui au Tchad, sont maintenant coincés là-bas et ont un besoin pressant de vivres et de soins de santé.

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