1. Accueil
  2. Asie
  3. Philippines

Les revenus de l'agriculture mis à mal par le typhon Bopha

Farmers return to their farming village in the town of New Bataan in the southern Philippines that was devastated by Typhoon Bopha in December 2012
(Jason Gutierrez/IRIN)

Plus d'un mois après le passage du typhon Bopha, connu localement sous le nom de Pablo, qui a traversé en décembre l'île de Mindanao, au sud des Philippines, les survivants font face à une nouvelle épreuve : reconstituer leurs moyens de subsistance.

« Les gens ont besoin de gagner leur vie. Le secteur agricole va mettre des années à se remettre et nombreux sont ceux qui dépendent des plantations pour vivre », a dit à IRIN Arturo Uy, gouverneur de la province de la Vallée de Compostela, le 9 janvier.

« De nombreuses personnes ont perdu leur source de revenus », a-t-il ajouté.

Environ 80 pour cent des habitants vivent de l'agriculture de subsistance. Ils produisent notamment des noix de coco, des légumes, des bananes, du café et du cacao.

Le cyclone Bopha, le plus puissant jamais enregistré dans l'île, a traversé le 4 décembre le sud des Philippines, de Mindanao à Palawan. Il a touché terre à trois reprises, occasionnant des glissements de terrain et d'importantes inondations.

L'est de l'île a été la région la plus touchée, notamment les provinces du Davao Oriental, du Surigao del Sur et de la Vallée de Compostela. Les habitants de ces trois provinces vivent en bord de mer ou dans la montagne et leur économie repose principalement sur l'agriculture, la pêche, la sylviculture et l'exploitation minière.

Selon le Conseil national de réduction et de gestion des risques (National Disaster Risk Reduction and Management Council, NDRRMC), plus de 6,3 millions de personnes ont été touchées et plus de 200 000 habitations ont été endommagées ou détruites. Près de 2 000 personnes sont mortes ou ont disparu.

Selon les spécialistes, les petites exploitations minières non règlementées ont saturé et perforé les versants, les rendant plus instables et sujets aux glissements de terrain et aux inondations éclair.

« Nous avons toujours besoin d'une aide d'urgence de la part du gouvernement et des bailleurs de fonds internationaux. La situation s'approche de plus en plus de la crise humanitaire », a dit le gouverneur.

Principales cultures

Depuis les années soixante, la Vallée de Compostela est la principale région de production de bananes, dont l'exportation rapporte 500 millions de dollars au pays. Les deux tiers environ des bananes exportées y sont produites et cette culture est la principale source de revenus d'environ 150 000 personnes. Les Philippines sont le troisième pays exportateur de bananes au monde.

Selon les chiffres du ministère de l'Agriculture, les 42 000 hectares de plantations de bananes de Mindanao font vivre plus de 200 000 ouvriers agricoles et leurs familles. Les plantations appartiennent à de grandes entreprises et les métayers gagnent 250 dollars par mois — un salaire relativement honorable dans cette région pauvre.

La plupart des ouvriers agricoles viennent d'autres régions de l'île, qu'ils ont quittées pour échapper aux insurrections communiste et musulmane qui embrasent le Mindanao depuis plusieurs dizaines d'années.

Fortunato Yubi a perdu deux proches dans une coulée de boue mortelle causée par Bopha qui a dévasté la majeure partie de la ville de New Bataan, dans la Vallée de Compostela. Selon ses dires, sa famille, dont la petite ferme a été totalement détruite, vit de la charité dans un abri fait de débris de bois et d'une bâche.

« Il n'y a pas d'autres emplois pour nous ici. Nous avons tout perdu et nous ne savons pas où aller et comment recommencer notre vie », a dit cet homme âgé de 60 ans. « Cette tempête nous a tout pris. »

Selon Cedric Daep, un fonctionnaire de la protection civile de l'est de la région de Bicol envoyé dans la zone sinistrée pour aider les agents locaux dans la gestion des camps, les autorités doivent offrir des sources immédiates de revenu.

« Il ne faut pas seulement répondre aux besoins courants comme la nourriture, l'eau et l'hébergement, mais il fait également étendre les programmes d'argent contre travail et de rémunération alimentaire du travail pour donner aux villageois et notamment aux chefs de famille, une raison d'être et un sentiment de productivité. »

Le déblaiement des décombres reste un sujet de préoccupation central, a déclaré le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) dans un rapport publié le 8 janvier. Un certain nombre d'initiatives de nettoyage et d'argent contre travail ont déjà été mises en place à cet effet.

Insécurité alimentaire

L'organisme caritatif médical londonien Merlin a par ailleurs tiré la sonnette d'alarme face à l'insécurité alimentaire croissante due aux dégâts causés par le cyclone sur les fermes et les infrastructures alors que les réserves alimentaires commencent à décliner et que de nombreux habitants se retrouvent sans emploi.

« Les habitations et les moyens de subsistance ayant été détruits, près d'un million de personnes dépendent de l'aide alimentaire », a déclaré Gabor Beszterczey, responsable de la section Asie de Merlin.

« Le gouvernement estime qu'une aide alimentaire sera nécessaire jusqu'à fin mars dans les zones les plus touchées », a dit M. Beszterczey, avertissant que la situation pourrait se détériorer dans les semaines à venir, avec une multiplication probable des maladies.

Le 10 décembre, les Nations Unies et leurs partenaires humanitaires ont lancé le Plan d'action Bopha (BAP) afin de réunir 65 millions de dollars pour financer l'aide d'urgence et aider les quelque 500 000 personnes touchées par le typhon à se rétablir sur une période de trois à six mois.

Au huit janvier, selon le service de surveillance financière des Nations Unies, le BAP était financé à hauteur de 34 pour cent, soit un total de 22 millions de dollars sous forme de promesses de don, d'engagements, et de contributions. Un plan d'action révisé sera lancé à Manille vers la fin janvier.

aag/ds/cb- ld/amz


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article
Participez à la discussion

Hundreds of thousands of readers trust The New Humanitarian each month for quality journalism that contributes to more effective, accountable, and inclusive ways to improve the lives of people affected by crises.

Our award-winning stories inform policymakers and humanitarians, demand accountability and transparency from those meant to help people in need, and provide a platform for conversation and discussion with and among affected and marginalised people.

We’re able to continue doing this thanks to the support of our donors and readers like you who believe in the power of independent journalism. These contributions help keep our journalism free and accessible to all.

Show your support as we build the future of news media by becoming a member of The New Humanitarian. 

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join