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Alerte à une nouvelle infestation de criquets pèlerins

Le Centre de lutte contre les criquets pèlerins (DLCC) du Yémen vient de demander au gouvernement une augmentation de son budget pour faire face à l’une des plus graves menaces d'infestation de criquets des 15 dernières années, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Le DLCC a également fait appel à la communauté internationale pour l’aider à combattre le fléau.

« Une vaste zone de reproduction se développe dans une région isolée d’environ 31 000 kilomètres carrés, à l’intérieur du Yémen, où des essaims de criquets vont probablement se former », a affirmé Keith Cressman, expert à la FAO.

Des criquets ont été détectés dans la province de Hadhramaut, entre la région de Thamoud et le district d’al-Abr District, et dans la province de Shabwa.

« Nos moyens sont très limités et ne peuvent servir qu’à lutter contre une infestation locale. Si les choses se compliquent, nous aurons nécessairement besoin d’un appui aérien », a expliqué à IRIN Abdu Farei al-Rumaih, le directeur général du DLCC.

« Nous avons besoin d’hélicoptères pour faciliter l’épandage d’insecticides et le suivi des opérations, ainsi que de véhicules pour les opérations terrestres. Nous avons également besoin de lignes téléphoniques terrestres, de téléphones cellulaires et de systèmes de télécommunication par satellite », a-t-il ajouté.

Le Yémen est touché à la fois par des invasions de criquets pèlerins et de criquets migratoires. En outre, le pays se trouve à un carrefour de la migration des criquets de la Corne de l’Afrique vers la péninsule arabe.

Abondance des pluies dans le désert

« Les pluies tombées en abondance dans le désert, cette année, ont fait pousser la végétation et ont créé des conditions favorables à la reproduction des criquets », a expliqué M. Al-Rumaih.

Selon lui, si l’on ne parvient pas à arrêter la reproduction des criquets, les essaims pourraient recouvrir 120 000 hectares de terre.

M. Al-Rumaih a rappelé que l’invasion acridienne la plus désastreuse pour le pays s’était produite en 1993 et que près de 100 000 hectares de terrain avaient alors été traités. Le Yémen n’a pas connu d'infestation de criquets à grande échelle depuis 1998.

« Les dégâts ne sont pas encore très importants étant donné que les essaims se trouvent encore dans le désert. Mais lorsqu’ils atteindront les zones cultivées, ils risquent de détruire 60 à 90 pour cent de la production agricole [de ces zones] », a ajouté M. Al-Rumaih.

Toujours selon la FAO, si la progression des criquets pèlerins n'est pas arrêtée à temps, ce sont les champs agricoles de Wadi Hadhramaut et des autres régions, notamment ceux des régions montagneuses de Sana'a qui seront menacés.

Un criquet adulte peut consommer quotidiennement l’équivalent de son poids en nourriture, ce qui signifie qu’un petit essaim de criquets consomme en une journée la même quantité de nourriture que 2 500 personnes, a indiqué la FAO.

Toutefois, étant donné que le Yémen importe près de 75 pour cent de ses besoins alimentaires, une dévastation complète des terres agricoles n’entraînera pas nécessairement une grave crise alimentaire dans le pays. Les criquets ne s’attaquent pas au très important qat, une plante narcotique traditionnelle cultivée sur près de 3,5 pour cent du territoire.

dh/ar/cb/ads/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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