Le Nigeria est-il mieux préparé aux inondations ?

De fortes pluies ont déclenché des inondations dans certaines régions du Nigeria, mettant à l’épreuve la préparation aux situations d’urgence du pays, un an après les pires inondations depuis des décennies.

Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), quelque 35 000 personnes ont été touchées, principalement dans cinq États. Les inondations de 2012 avaient fait près de 7 millions de sinistrés.

D’après l’Agence nigériane de gestion des urgences (NEMA), près de 600 personnes ont été déplacées par les inondations de cette année. Au nord, dans l’État de Kano, les fortes pluies ont fait une victime et ont déterré environ 200 corps dans un cimetière de Yan Kaba. Dans l’État de Katsina, toujours au nord, 55 exploitations agricoles ont été inondées.

Le porte-parole de la NEMA, Ibrahim Farinloye, a déclaré que les communautés avaient été alertées et évacuées rapidement, ce qui avait contribué à limiter le nombre de victimes.

Quarante communautés, situées dans des régions exposées aux inondations de l’État de Benue, ont été évacuées par les autorités qui ont également incité les habitants d’autres zones vulnérables à partir. M. Farinloye a affirmé que les États de Borno, d’Adamawa et de Taraba, dans le nord-est, étaient aussi des zones à risques.

« Nous avons pu limiter les conséquences néfastes sur le plan humanitaire. Tous les États touchés ont eu une réaction adaptée. Jusqu’ici, les mesures d’intervention ont été efficaces, mais notre système n’est pas parfait », a déclaré à IRIN M. Farinloye.

« Les États du sud, notamment les États côtiers, sont menacés. Nous ne nous occupons pas seulement des États [susceptibles d’être inondés]. Nous nous intéressons à tous les États et la NEMA interviendra dans toutes les régions qui ont besoin [d’aide] », a-t-il expliqué.

Pour l’instant, nous avons pu contenir les inondations et seules des localités qui ont connu des inondations similaires par le passé ont été touchées.

Plus de précipitations qu’en 2012

Les États inondés cette année ne se sont pas encore totalement remis des inondations de l’an dernier, les pires que le Nigeria ait connues depuis plus de 40 ans.

Les prévisions du département de météorologie du Nigeria annoncent plus de précipitations en 2013 qu’en 2012.

« L’an dernier, elles [les autorités] nous ont évacués vers un camp, mais, après le retrait des eaux, elles se sont contentées de nous laisser partir », a déclaré Victor Losaride, étudiant à l’université du delta du Niger. « J’ai peur de ce qui se passera cette année. S’il y a encore [des inondations], je ne sais pas ce qui arrivera… J’espère qu’il n’y aura pas d’inondation cette année ».

Kabiru Usama Bakare, qui vit dans la région de Jos, au nord, a déclaré qu’il avait reçu très peu d’aide de la part des pouvoirs publics lorsqu’il était déplacé à cause des inondations de 2012. Il a également affirmé qu’aucun préparatif n’était entrepris en vue des inondations dans sa localité.

« J’ai perdu ma femme et mes cinq enfants à cause des inondations l’an dernier. J’ai perdu toute ma famille. Je suis encore en train d’essayer de reconstruire ma maison tout seul », a-t-il confié à IRIN. « Rien n’a été fait en prévision des inondations ici. Les gens quittent déjà la région pour ne pas être pris au dépourvu ».

Les enseignements tirés

La Croix-Rouge du Nigeria (NRC) a déclaré avoir amélioré sa réponse d’urgence grâce aux enseignements tirés des inondations de l’an passé. Le porte-parole de la NRC, Nwankpa O. Nwankp, a dit à IRIN que la NRC avait formé 22 000 volontaires dans tout le pays et avait fait des réserves d’articles de première nécessité.

« La plupart des gens sinistrés en 2012 ont souffert, car ils ne savaient pas comment réagir en cas d’inondation. Nous leur avons appris quelle était la marche à suivre », a-t-il déclaré. « Tous les Nigérians sont mieux préparés aux inondations que l’an dernier ».

M. Farinloye a déclaré que la NEMA poussait les responsables de la gestion des barrages à faire baisser le niveau de l’eau suffisamment tôt pour limiter les risques d’inondation.

« Ils ne devraient pas attendre que le niveau de l’eau atteigne le niveau [critique pour les barrages] avant d’évacuer de l’eau. Nous leur avons conseillé de le faire baisser progressivement dès que le niveau acceptable était dépassé », a-t-il déclaré.

Les communautés installées sur les berges du fleuve ont été mises à l’abri sur des terrains élevés, a dit M. Farinloye, expliquant que les communautés exposées aux inondations ont reçu une formation et des équipements de base pour faciliter leur évacuation.

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