Se préparer à un possible afflux de rapatriés

Les autorités irakiennes se préparent à un possible afflux de rapatriés venant de pays voisins affectés par de violentes manifestations, particulièrement de la Syrie, et disent que des centaines de personnes sont déjà rentrées de Libye.



« Bien qu’il n’y ait pas eu de menaces majeures contre des familles irakiennes jusqu’à présent, nous surveillons de près les développements et nous sommes prêts à toute situation d’urgence », a dit le ministre irakien des Déplacements et des Migrations, Dendar Najman Al-Dosky.



« Nous avons monté un comité d’urgence avec les ministères concernés, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Croissant-Rouge irakien et d’autres organisations internationales, et nous avons mis en place un centre pour enregistrer les rapatriés irakiens, leur offrir les services dont ils ont besoin et les aider à atteindre leur destination à l’intérieur de l’Irak », a-t-il dit à IRIN.



« Un autre comité se rendra au point de passage frontalier Al-Waleed [sur la frontière entre la Syrie et l’Irak] pour examiner la possibilité de mettre en place un camp de fortune en cas d’afflux très important venant de la Syrie, et voir comment immédiatement abriter les réfugiés et leur offrir des services avant qu’ils ne soient envoyés dans leur région », a ajouté le ministre.



Des centaines de milliers d’Irakiens, selon le ministre, ont fui la violence dans leur pays d’origine après 2003 et vivent depuis en Syrie. D’autres ont fui le pays durant les violences des années 90. L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) estime que plus de deux millions d’Irakiens vivent dans des Etats voisins, principalement en Syrie et en Jordanie. Un million neuf cent mille autres personnes ont été déplacées à l’intérieur de leur propre pays à cause de l’insécurité continue, de violences sectaires, de la criminalité et des opérations militaires.



« Partout où il y a des troubles qui se répandent et des violences, nous commençons à contacter les réfugiés irakiens pour subvenir à leurs besoins dans ces pays ou pour sécuriser l’évacuation de ceux qui désirent rentrer chez-eux », a dit M. Al-Dosky. Quelque 520 Irakiens ont été évacués de Libye et du Yémen durant ces derniers jours, a-t-il ajouté. Des plans sont en cours d’exécution pour évacuer 140 autres personnes de Libye dans les jours qui viennent.

 

Les autorités proposent des billets d’avion gratuits à ceux qui veulent rentrer et donnent 300 000 dinars irakiens (250 dollars) aux familles à leur arrivée. Le gouvernement a promis des emplois et de l'aide pour l’inscription dans les écoles.

 

Problème de financement



Cependant, récemment, le ministre a dit que l’argent que le gouvernement avait alloué pour aider les personnes déplacées et les rapatriés n’était pas suffisant, malgré un engagement de s’attaquer au déplacement interne, et d’assister les réfugiés irakiens à l’étranger. On avait alloué l’équivalent de 250 millions de dollars au ministère cette année, mais il lui faut entre 416 et 500 millions pour mettre en œuvre tous ses plans, a-t-il dit.



Des insuffisances de financement ont aussi affecté le travail des organisations internationales. Dans son Appel Global 2011, le HCR a dit que son budget 2011 pour l’Irak était de 210,6 millions de dollars, ce qui représente un déficit de financement de 20 à 40 pour cent.



En 2010, selon le HCR, la plupart des réfugiés irakiens en Syrie et en Jordanie ne pensaient pas rentrer définitivement en Irak dans un avenir proche, à cause de l’incertitude politique et de l’instabilité. Les statistiques du gouvernement indiquent que seulement 18 240 réfugiés irakiens étaient rentrés de leur pays d’asile durant les huit premiers mois de cette année.



Au moins 700 personnes auraient été tuées en Syrie, lors de tentatives du gouvernement pour réprimer les manifestations. La majorité des violences se sont déroulées dans la ville de Deraa au sud. Les Etats-Unis et l’Union Européenne ont annoncé des mesures pour imposer des sanctions plus importantes, pendant que les agences humanitaires demandent l'accès à ceux qui sont touchés. Des troubles en Libye ont également forcé des centaines de milliers de personnes à quitter le pays.



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