Les pastoralistes luttent contre les MGF/E

Dans deux districts du nord-est de l’Ethiopie, les communautés pastorales ont banni les mutilations génitales féminines et l’excision (MGF/E), disant qu’elles étaient à l’origine de graves problèmes de santé pour les femmes et qu’elles étaient contraires à leur culture, selon un responsable local.



Les deux districts sont Amibara et Awash-Fentale dans la région d’Afar. « Nous sommes très heureuses de déclarer l’abandon de cet acte horrible sur les femmes », a dit Fatuma Ali, responsable des affaires féminines dans le district d’Amibara. « Nous voudrions remercier les anciens, notre communauté et tous nos partenaires. C’est comme une renaissance des femmes dans les communautés pastorales d’Afar ».



« Nous nous battrons jusqu’à ce que nous puissions assurer un abandon à 100 pour cent de la pratique dans notre région ». a-t-elle ajouté.



La décision arrive 10 ans après que différentes agences des Nations Unies, des ONGs et le gouvernement régional aient intensifié leurs efforts pour décourager cette pratique largement répandue parmi les communautés d’Afar.



« C’est ce que nous recherchions depuis longtemps », a dit Fatuma à IRIN. « Nous avons consacré toutes nos ressources et notre pouvoir humain à mettre un terme à cette violation des droits des femmes dans notre région. Nous sommes heureux que nos anciens et la communauté aient accepté d’arrêter cette mauvaise pratique ».



Bidar Ali, administrateur du district, s’exprimant lors d’une récente cérémonie à Amibara, où la déclaration a été faite, a affirmé que la circoncision féminine ne serait plus pratiquée dans le district. De nombreuses anciennes exciseuses ont promis qu’elles n’exerceraient plus leur ancienne profession.


« Nos anciens et le gouvernement nous ont dit que cela causait de graves dommages aux femmes. Alors on l’a abandonné. Nous ne tolérerons plus de tels actes. »

« Cela a été dans notre culture depuis des générations », a dit à IRIN une ancienne exciseuse. « Nos anciens et le gouvernement nous ont dit que cela causait de graves dommages aux femmes. Alors on l’a abandonné. Nous ne tolérerons plus de tels actes ».



Selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), plus de 91 pour cent des femmes dans la région d’Afar subissent une des formes les plus graves de MGF /E. Ce chiffre est néanmoins inférieur à celui de la région de l’est de la Somalie où, selon l’étude de 2005 sur la démographie et la santé en Ethiopie, 97,3 pour cent des femmes subissent des MGF/E, contre 73,3 pour cent au niveau national.



Cette pratique a perduré bien qu’elle soit illégale selon le droit pénal éthiopien et passible d’une peine de prison allant de cinq à 20 ans, selon le type d’excision.



L’état régional d’Afar a également adopté cette loi et a annoncé une nouvelle proclamation pour protéger davantage les femmes contre les MGF/E.



Selon l’UNICEF, la baisse des MGF/E dans les deux districts résulte aussi de l’influence des responsables religieux et des chefs de clan, des représentants du gouvernement local et des anciennes exciseuses. Une étude conduite par l’Organisation Rodi Weddu de développement des femmes pastoralistes en 2010 a confirmé que les MGF/E avaient nettement diminué dans les communautés locales durant la dernière décennie.



Cette pratique, à Afar, comprenait auparavant l’infibulation (ou MGF/E de type III), le retrait des organes sexuels externes, avant la suture laissant une petite ouverture pour le sang des règles. En plus des risques immédiats d’hémorragie sévère, de choc et d’infection, des problèmes à long terme associés aux MGF/E comprennent des infections des voies urinaires et de l’appareil reproducteur, la stérilité et de nombreuses complications obstétricales, telles que l’hémorragie post-partum et la mort du bébé.



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