Enfin des résultats encourageants d’un essai sur les microbicides

Le monde de la prévention du VIH est en ébullition suite à l’annonce d’une première preuve clinique montrant qu’un gel vaginal – connu sous le nom de microbicide – pourrait aider à prévenir la transmission sexuelle de l’infection au VIH.



Une étude menée par le Centre for the AIDS programme of research in South Africa (CAPRISA) a révélé qu’un gel vaginal contenant le médicament antirétroviral (ARV) Tenofovir était efficace à 39 pour cent dans la réduction du risque VIH pour la femme lorsqu’il était utilisé dans les trois quarts des rapports sexuels, et efficace à 54 pour cent lorsqu’il était utilisé de manière plus régulière. Le gel avait aussi un effet sur l’incidence des infections d’herpès génital.



« Le gel Tenofovir pourrait combler une lacune importante dans la prévention du VIH en donnant du pouvoir aux femmes pour négocier avec succès une fidélité mutuelle ou l’utilisation du préservatif avec leurs partenaires masculins », a dit Quarraisha Abdool Karim, l’un des principaux enquêteurs de l’étude et directeur associé de CAPRISA. « Cette nouvelle technologie a le potentiel de modifier la courbe de l’épidémie VIH, particulièrement en Afrique du Sud où les jeunes femmes subissent le fardeau de cette maladie dévastatrice ».



Plus de la moitié des nouvelles infections en Afrique touche les femmes et les filles. Les résultats de l’étude de CAPRISA vont probablement remonter le moral vacillant qui prévaut parmi des chercheurs déçus par deux décennies d’efforts infructueux destinés à développer une méthode de prévention du VIH contrôlée par les femmes.



« Nous donnons de l’espoir aux femmes. Pour la première fois, nous voyons des résultats pour une option de prévention du VIH initiée et contrôlée par les femmes », a dit Michel Sidibé, directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le sida (ONUSIDA), dans un communiqué. « Si cela était confirmé, un microbicide serait une option puissante pour la révolution de la prévention et nous aiderait à briser la trajectoire de l’épidémie de sida ».



Financé par les gouvernements américain et sud-africain, l’essai CAPRISA porte sur 889 personnes séronégatives, des femmes sud-africaines sexuellement actives considérées comme particulièrement exposées au risque d’infection au VIH. La moitié des femmes a reçu des applicateurs vaginaux contenant une concentration de gel Tenofovir d’un pour cent, tandis que les autres ont reçu un gel placebo. Il a été demandé aux femmes d’insérer une dose de gel 12 heures avant la relation sexuelle et une seconde dose 12 heures après.












Lire aussi
 Une lueur d’espoir dans la recherche sur les microbicides

Au cours de l’année qu’a duré l’étude, 98 femmes ont été infectées au VIH – 38 dans le groupe du gel Tenofovir contre 60 dans le groupe du gel placebo. En moyenne, le taux d’utilisation du gel était de plus de 70 pour cent, mais parmi les femmes ayant utilisé le gel Tenofovir lors de plus de 80 pour cent des actes sexuels, ce gel a fourni une meilleure protection contre le VIH.



« Nous pensons que le plan d’action le plus responsable maintenant est d’articuler rapidement et efficacement les différentes étapes nécessaires pour la confirmation et le suivi de ces résultats, tout en planifiant de manière proactive la mise à disposition potentielle d’un produit autorisé [par une licence] », a dit Mitchell Warren, directeur exécutif de AIDS vaccine advocacy initiative, dans un communiqué.



« Aussi excitant que ce résultat puisse être – et aussi important qu’il soit de le suivre sans délai – la réalité est que ce produit ne sera pas disponible pour une large distribution demain », a mis en garde M. Warren. « Il est essentiel de gérer les attentes tout en maintenant le [sentiment] d’urgence ».



kr/ks/cb/ail