Le Puntland rapatrie des migrants éthiopiens

Dans la région autonome autoproclamée du Puntland, en Somalie, les autorités ont commencé à rapatrier des centaines de migrants éthiopiens, ont dit des officiels à IRIN.



« Ce sont des gens qui avaient décidé qu’ils voulaient rentrer mais qui n’en avaient pas les moyens », a dit Mohamud Jama Muse, directeur du Centre de réponse aux migrations (CRM) à Bosasso, la capitale du Puntland.



D’après lui, des milliers d’Ethiopiens et de Somaliens sont à Bosasso, dans l’espoir de rejoindre le Yémen ou de trouver du travail.



« A ce jour, nous avons rapatrié 490 migrants éthiopiens », a dit Maher Ahmed, responsable des opérations et des programmes à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).



Selon M. Ahmed, 12 vols ont été affrétés et l’OIM apporte une assistance aux aéroports de Bosasso et d’Ethiopie.



« Nous leur donnerons 30 dollars pour le transport jusqu’à chez eux, et une fois qu’ils seront là-bas, ils recevront un forfait de réinsertion », a-t-il dit.



Dans le cadre de ce forfait de réinsertion, les personnes de plus de 18 ans reçoivent 260 dollars et les plus jeunes 110 dollars, a-t-il dit, ajoutant que « 90 pour cent des migrants rapatriés étaient des femmes et des enfants ».



La poursuite des rapatriements volontaires d’Ethiopiens dépendra des financements disponibles, a dit M. Ahmed.



Dans la file des migrants



D’après M. Muse, le CRM a enregistré 1 200 autres Ethiopiens souhaitant retourner chez eux. Selon lui, beaucoup n’ont pas réussi à gagner le Yémen ou à trouver du travail à Bosasso. « Il n’y a pas de travail ici, et au bout d’un certain temps ils n’ont plus d’argent, alors ils ne peuvent pas payer les passeurs ».



Adam Nisha Dakabu, un Ethiopien venu à Bosasso pour aller au Yémen puis en Arabie Saoudite, a dit : « Je voulais y aller mais je n’ai pas pu parce que je n’ai pas réussi à rassembler assez d’argent. Je ne trouvais rien à faire ici, donc quand j’ai entendu parler de ça je me suis inscrit pour rentrer ».














Photo: Wikimedia Commons

Il a dit que la vie à Bosasso était très difficile. « Au moins chez moi, je serai avec ma famille ».



Selon M. Muse, suite aux mesures sévères prises par les autorités du Puntland contre les passeurs, « il devient de plus en plus difficile et cher pour ceux qui désirent émigrer de trouver des bateaux ».



D’après lui, à cause des mesures, les passeurs feraient payer 200 dollars ou plus pour un voyage vers le Yémen, alors qu’ils faisaient auparavant payer 50 à 75 dollars pour ce voyage, qui dure d’un à trois jours.



D’après le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 74 000 personnes ont traversé la Mer Rouge pour aller de la Corne de l’Afrique au Yémen en 2009 – soit 50 pour cent de plus qu’en 2008.



Le nombre de migrants somaliens est resté stable en 2008 et 2009, tandis que le nombre d’Ethiopiens a fortement augmenté, atteignant 42 000 en 2009, d’après l’UNHCR. Jusqu’à présent en 2010, 5 032 migrants ont traversé et quatre sont morts.



ah/mw/il/ail