Quelque 1 200 enfants risquent d’être expulsés

Eli Yishai, ministre israélien de l’Intérieur, a annoncé qu’il ne régulariserait pas la situation d’environ 1 200 enfants de travailleurs immigrés, une annonce qui a poussé plusieurs ONG (organisations non gouvernementales) à mener une campagne contre les expulsions.



Ces 1 200 enfants ne sont pas concernés par le dispositif gouvernemental de 2006 qui avait permis de régulariser la situation de plus de 600 enfants de travailleurs immigrés.



« Leurs parents les utilisent pour obtenir une régularisation de leur propre situation en Israël… Si nous ne les expulsons pas, les travailleurs immigrés continueront à exploiter la générosité de l’Etat d’Israël », a déclaré M. Yishai.



La plupart des contrats de travail des immigrés contiennent une clause leur interdisant d’avoir des enfants en Israël, et obligeant les femmes enceintes à quitter le pays. De nombreuses ONG dénoncent cette clause, qu’elles qualifient d’inhumaine et draconienne.



Malgré cette disposition, l’Autorité de l’Education de Tel Aviv estime que 2 000 enfants d’immigrés sont nés en Israël au cours des 10 dernières années.



Environ 250 familles risquent d’être expulsées, de même que des centaines d’enfants nés en Israël au cours des trois dernières années, d’après des activistes menant une campagne de défense des droits des migrants.



En juillet, OZ (l’unité opérationnelle de la nouvelle Autorité israélienne de l’immigration) a lancé une opération visant à expulser près de 300 000 immigrés illégaux et personnes en situation irrégulière, d’après Tziki Sela, directeur d’OZ.



Des critiques de la part de certains membres du Parlement et de leaders religieux et communautaires ont forcé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à reporter l’expulsion des familles de travailleurs immigrés avec enfants : alors qu’elle devait débuter le 1er août, l’opération a été suspendue pour trois mois.



Parallèlement, d’après un rapport officiel d’OZ, dont IRIN a pris connaissance le 21 octobre, 700 travailleurs immigrés sans enfants ont été expulsés depuis le 1er juin 2009, et 2 000 ont « volontairement quitté le territoire ».



Le 12 octobre, une commission parlementaire sur les travailleurs immigrés a décidé de commencer à expulser les enfants d’ici le début du deuxième semestre 2010, au moment de la fermeture des écoles.



Campagne anti-expulsions



Le gouvernement prévoit de procéder aux expulsions malgré une campagne anti-expulsions « massive » (selon de hauts responsables israéliens) menée par plusieurs ONG et organisations humanitaires, dont Moked, la ligne d’assistance téléphonique destinée aux travailleurs immigrés.



Karen Tal, directeur de l’école publique de Bialik-Rogozin, dans le sud de Tel Aviv, a dit à des journalistes que quelque 302 élèves de l’école (sur 784) seraient concernés par l’expulsion si M. Yishai ne changeait pas d’avis. M. Tal a évoqué les difficultés et les incertitudes auxquelles les enfants sont confrontés depuis que le gouvernement a révélé, en juin, son intention de les expulser.



Des sources de l’Autorité de l’immigration et de l’unité OZ ont dit à IRIN qu’elles n’avaient pas l’intention d’intervenir dans les écoles, bien qu’il soit relativement facile d’y arrêter les enfants et les parents.



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