Les programmes gérés par des infirmières peuvent fonctionner

Un programme pilote au Lesotho a démontré que les consultations pour des soins de santé primaires gérées par des infirmières pouvaient, avec succès, permettre de délivrer des services de soins et de traitement du VIH et de la tuberculose aux patients dans les régions isolées.



Le programme VIH/SIDA Selibeng Sa Tsepo (Source d’espoir) a été lancé en janvier 2006 par l’organisation médicale internationale Médecins sans frontières (MSF), en partenariat avec le ministère de la Santé et des affaires sociales, dans la région sanitaire de l’hôpital Scott – une zone sanitaire rurale couvrant deux districts et 200 000 personnes au sud de la capitale, Maseru.



Dans le but de décentraliser le traitement et les soins du VIH, et de répondre à la grave pénurie de médecins, MSF a formé des infirmières dans 14 centres de santé pour fournir des traitements antirétroviraux (ARV), tandis que des conseillers amateurs, souvent des personnes séropositives, étaient formés pour favoriser le dépistage et l’observance au traitement.



Au moment où le programme a été mis en place, les médicaments ARV étaient gratuits, mais les patients devaient encore payer pour les tests de laboratoires, les médicaments contre les infections opportunistes, et les consultations. Comme beaucoup de gens, au Lesotho, gagnent moins de 10 dollars par mois, ces coûts représentaient souvent un obstacle majeur au traitement, poussant ainsi MSF à subventionner tous les services liés au VIH dans la zone sanitaire de Scott.



L’organisation médicale s’est aussi concentrée sur l’intégration des services VIH et tuberculose ; 90 pour cent des patients tuberculeux sont co-infectés au VIH, la tuberculose étant la principale cause de décès parmi eux.



A la fin de sa phase pilote de trois ans, le programme avait dépisté 40 000 personnes pour le VIH, mis 4 000 patients sous traitement, et réduit la transmission du VIH à moins de cinq pour cent parmi les femmes enceintes recevant un traitement destiné à limiter le risque d’infection de leur enfant.



La gestion de ce projet va être progressivement transférée au ministère de la Santé et des affaires sociales, tandis que ce modèle de décentralisation des services VIH/SIDA à travers la délégation des tâches – en formant des infirmières pour réaliser certaines tâches auparavant effectuées par les médecins – est déjà reproduit dans d’autres régions du pays.



Dans un rapport publié en février, l’organisation MSF a néanmoins précisé qu’elle continuerait à s’occuper de formation, de maintenir les niveaux de personnels nécessaires, d’assurer un approvisionnement ininterrompu d’ARV, de garantir l’avenir des conseillers à long terme et de développer la capacité de gestion du programme pour continuer à faire face aux besoins toujours plus importants en traitement et soins du VIH au Lesotho.



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