Des organisations israéliennes appellent à intervenir d’urgence à Gaza

Neuf organisations humanitaires et associations de défense des droits humains israéliennes ont publié leurs conclusions sur la situation à Gaza et appelé le gouvernement israélien à prendre des mesures d’urgence pour soulager la situation alarmante des populations de la région.



Au cours d’une conférence de presse organisée à Jérusalem le 14 janvier, les organismes ont annoncé que l’ensemble de la population de Gaza se trouvait dans une situation de détresse humanitaire extrême, piégée au beau milieu d’une incursion terrestre de grande envergure menée par l’armée israélienne et des bombardements aériens.



Les organisations non-gouvernementales (ONG) ont évoqué des préjudices « sans précédent » causés aux populations civiles et accusé les forces armées israéliennes de « recourir gratuitement à une force mortelle qui a, à ce jour, provoqué la mort de plusieurs centaines de civils innocents et détruit des infrastructures et des biens à une échelle colossale ».



Leurs conclusions et leurs allégations reposent sur les témoignages recueillis auprès des habitants de la bande de Gaza, notamment des équipes médicales et des experts. De graves violations du droit humanitaire international auraient notamment été commises par les forces militaires israéliennes.



« A la fin des hostilités, il sera temps d’enquêter sur cette affaire, et les responsables de ces violations devront rendre compte de leurs actes », ont averti les organismes dans une déclaration commune adressée au Premier ministre Ehoud Olmert, au ministre de la Défense Ehoud Barak, au chef d’Etat-major, le lieutenant général Gaby Ashkenazi, au chef du commandement sud, le major général Yoav Galant, et au procureur général, Menachem Mazuz.



Dans leurs conclusions, les ONG ont notamment signalé qu’à six occasions, l’armée israélienne avait tiré sur des équipes médicales. L’armée aurait ainsi fait 12 morts et 17 blessés au sein du corps médical.



Des attaques directes ont été recensées à l’hôpital européen et à l’hôpital de Dura, une structure de l’UNRWA (agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens), ainsi qu’à la clinique Safha Al-Harazin, à Shuja’iya.



L’attaque menée le 6 janvier dans une école dirigée par l’UNWRA a également fait plus de 30 morts au sein de la population civile, selon les ONG.



Un traitement hors de Gaza



Selon les Physicians for Human Rights (PHR), une ONG israélienne, quelque 850 patients atteints de maladies chroniques, ainsi que des centaines d’autres personnes, blessées au cours d’attaques menées par Israël, doivent être transférés d’urgence hors de Gaza pour pouvoir recevoir un traitement médical.



Seuls trois blessés et quelques dizaines de patients ont été autorisés à entrer en Israël depuis le début des attaques, le 27 décembre, et 250 blessés ont été évacués vers l’Egypte via le point de passage frontalier de Rafah.












Palestinian families leave their hometown of Rafah, near the Gaza Strip's border with Egypt, on 8 January

Palestinian families leave their hometown of Rafah, near the Gaza Strip's border with Egypt, on 8 January...
Iyad El Baba/UNICEF-oPt
Palestinian families leave their hometown of Rafah, near the Gaza Strip's border with Egypt, on 8 January...
http://www.unicef.org/oPt/
Tuesday, January 13, 2009
Israeli aid groups call for urgent action in Gaza
Palestinian families leave their hometown of Rafah, near the Gaza Strip's border with Egypt, on 8 January...


Photo: Iyad El Baba/UNICEF-oPt
Des familles palestiniennes quittent Rafah, leur ville d’origine, située près de la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte, le 8 janvier

« Il ne fait aucun doute qu’en n’autorisant pas ces patients à entrer immédiatement sur le territoire israélien pour recevoir un traitement médical spécialisé, nous avons décidé de leur sort. Ils ont besoin de spécialistes de la neurochirurgie et de la chirurgie vasculaire, et il n’y en a pas à Gaza », a déclaré à IRIN le professeur Zvi Bentwich des PHR, ajoutant que plusieurs hôpitaux israéliens étaient prêts à accueillir les blessés et à les soigner.



« Nous avons encore des contacts et des travailleurs de terrain à Gaza ; nous pouvons [les contacter pour obtenir] des informations malgré les complications et les difficultés, et obtenir ainsi tous les détails de la situation », a déclaré à IRIN Sarit Michaeli, porte-parole de l’association B'tselem.



Absence de coordination dans le domaine de la sécurité



Selon la déclaration des ONG, les lignes électriques, les pompes d’eau et d’assainissement, et les structures de collecte et de traitement des déchets ont été endommagées par les bombardements. Les batailles qui continuent de se dérouler chaque jour interdisent la plupart des travaux de réparation en l’absence d’une coordination avec l’armée israélienne sur les questions de sécurité.



L’absence de coordination avec l’armée en matière de sécurité empêche également l’acheminement de carburants et d’équipement. Sans électricité, il est en outre impossible de pomper l’eau et de traiter les eaux usées.



Plus d’un demi-million de personnes n’ont pas accès à l’eau salubre, essentiellement dans la ville de Gaza et dans le nord de l’enclave. Certains habitants de Gaza n’ont pas l’eau courante depuis plus de 10 jours. Les ONG ont indiqué qu’Israël empêchait les techniciens du service des eaux d’accéder à la structure de traitement des déchets de la ville de Gaza.



Le 11 janvier, des hauts représentants du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et de l’UNWRA ont rencontré les responsables du ministère israélien de la Défense pour renforcer leur coopération et permettre un acheminement régulier de l’aide humanitaire dans Gaza.



L’armée israélienne a déclaré avoir autorisé le passage dans Gaza de plus de 900 camions chargés de matériel médical et de vivres depuis le début de l’opération, et avoir mis en place un « couloir humanitaire » de trois à quatre heures par jour, pour permettre aux habitants d’obtenir de la nourriture. Les bombardements aériens sont interrompus pendant cette brève période.



Malgré cela, les ONG israéliennes ont indiqué qu’une partie de la population de Gaza n’avait toujours pas accès aux vivres et à l’aide médicale en raison de la situation de sécurité actuelle et de la brièveté des périodes de cessez-le-feu.



Environ 111 camions attendaient au point de passage de Kerem Shalom, le 14 janvier. La plupart des biens acheminés sont des dons consentis par des pays étrangers, dont le Qatar, la Jordanie et la Turquie.



td/ar/cb/nh/ail