Un projet communautaire pour financer l’achat de traitements contre le sida

Un réseau de personnes vivant avec le VIH à Solwesi, capitale administrative de la province zambienne du Nord-ouest, aide ses membres à avoir accès aux antirétroviraux (ARV) grâce à la mise en place d’activités génératrices de revenus.

Le projet d’unité de transformation de farine du Réseau des Zambiens vivant avec le VIH (NZP+) à Solwesi, à environ 700 kilomètres au nord-ouest de la capitale Lusaka, permet aussi aux membres du collectif d’effectuer les tests nécessaires pour déterminer leur charge virale.

Marjorie Makanga et son mari, Benson, trésorier de la branche locale du NZP+, ont tous deux été dépistés positifs au VIH en 1997. A l’époque, leurs maigres ressources les empêchaient d’effectuer le test de numération des CD4 (qui évalue la résistance du système immunitaire) à l’hôpital, ou d’acheter des ARV.

“Avant, nous survivions en vendant du charbon mais aujourd’hui on ne peut plus le faire parce que quand on le fait, les problèmes [d'affections pulmonaires] nous affaiblissent”, a dit Marjorie.

“On avait des problèmes à l’hôpital, quand on nous demandait de payer pour les tests CD4”, a ajouté son mari. “Maintenant on peut faire les tests, au moins chacun à notre tour, grâce aux revenus générés par le projet. Je peux même acheter les médicaments”.

Le Réseau national zambien contre le sida (ZNAN), un réseau d’organisations de de lutte contre le sida, est l’un des principaux récipiendaires des financements du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme en Zambie. Il a soutenu la mise en place du projet de fabrication de farine de maïs, à hauteur de 13,5 millions de Kwacha (2 918 dollars).

“Nos membres sont pour la plupart des personnes très vulnérables qui n’ont pas d’emploi, et l’équipe dirigeante du district de la Santé avait l’habitude de nous considér avec mépris”, a dit Thomson Kangaya, chargé du programme du NZP+ à Solwesi. “Mais avec les revenus que nous générons aujourd’hui, on peut acheter des ARV pour certains de nos membres”.

“Nous pensons qu’avec le temps, les personnes vivant avec le VIH deviendront indépendantes”, a dit Kangaya. “Les bailleurs de fonds partiront un jour, c’est pour cela que nous avons besoin d’activités génératrices de revenus et nous espérons qu’à l’avenir, ces groupes seront indépendants”.

Robert Chinyama, qui dirige le comité du projet, a dit que le réseau était débordé par le nombre croissant de membres.

Le NZP+ de Solwesi est composé de dix associations de soutien aux personnes vivant avec le VIH/SIDA. “Nous aimerions avoir une activité génératrice de revenus indépendante pour chaque groupe”, a-t-il dit. “Chaque groupe a 25 membres et le nombre augmente”.

“Le problème c’est que nous sommes trop nombreux, et une de nos membres est déjà mort”, a ajouté Chinyama. “Elle suivait un traitement pour sa tuberculose et n’a pas pu être mise sous ARV parce qu’il n’y avait pas d’argent pour payer son test CD4. Nous gagnons 50 000 Kwacha (10 dollars) par jour et ce n’est pas assez étant donné notre nombre”.

Sam Kapembwa, chargé de l’information et de la communication du ZNAN, a vivement conseillé aux groupes membres du projet de se réunir pour demander des fonds supplémentaires en tant que partenaires, plutôt que de soumettre des demandes séparément.

“Ils sont libres de faire leurs demandes séparément, mais le caractère rassembleur du partenariat est encouragé par la ZNAN parce que cela renforce la transparence et la crédibilité”, a estimé Kapembwa. “Tout ce qu’ils ont à faire, c’est de demander plus d’argent”.