Des réseaux hydrauliques vétustes, un risque sanitaire

Au moins 17 pour cent de l’eau courante nationale, et un tiers de l’eau distribuée à Bagdad, n’est pas potable, selon une enquête menée par le ministère irakien de la Santé.

« Le pourcentage d’eau sale, impropre à la consommation humaine risque de provoquer des maladies plus dangereuses que le choléra, et notamment certains types d’hépatites et de diarrhée potentiellement mortels », a indiqué le ministère dans un communiqué daté du 22 octobre.

Selon les autorités ministérielles, les conclusions de l’enquête reposent sur des analyses de laboratoire réalisées par l’Institut de recherche nutritionnelle de Bagdad et les laboratoires médicaux des provinces, et couvrent la période du 1er au 15 octobre.

« Théoriquement, de nombreux quartiers de Bagdad sont équipés de réseaux d’eau potable, mais soit la quantité est insuffisante, soit le chlore ajouté est inefficace, en raison de fuites qui permettent à l’eau [potable] de se mélanger avec les eaux usées », pouvait-on lire dans le communiqué. Le ministère a appelé le gouvernement à agir immédiatement pour assurer à tous les habitants un approvisionnement suffisant en eau potable.

Choléra

Le pays est actuellement aux prises avec une épidémie de choléra qui a fait huit morts. Le 22 octobre, Salih al-Hasnawi, le ministre de la Santé, a défendu les procédures engagées pour lutter contre la maladie et fait état de 534 cas confirmés en laboratoire, dans l’ensemble du pays.

« Nous avons immédiatement formé un comité chargé de surveiller l’épidémie, nous nous sommes déplacés sur le terrain pour vérifier la teneur en chlore de l’eau potable et nous avons distribué 50 millions de pastilles de traitement de l’eau », a indiqué M. al-Hasnawi devant le Parlement.

Le choléra est une maladie gastro-intestinale généralement contractée par la consommation d’eau contaminée. Elle peut entraîner une diarrhée grave, qui dans les cas extrêmes, peut provoquer une déshydratation mortelle.

Traiter l’eau potable au chlore et améliorer les conditions d’hygiène permet de prévenir cette maladie. Le ministère de la Santé et l’Organisation mondiale de la santé ont imputé l’épidémie aux infrastructures hydrauliques et sanitaires délabrées du pays.

En raison de l’insécurité qui règne en Irak, de la corruption, de la négligence et des attaques des insurgés, les services publics du pays sont en ruines. L’alimentation limitée en électricité, la pénurie d’eau potable et le délabrement des systèmes d’assainissement et d’évacuation des eaux usées provoquent des maladies et bien des frustrations.

Centre de traitement des eaux

Ce mois-ci, selon Hazim Ibrahim, directeur adjoint du directoire des eaux de Bagdad, le gouvernement a approuvé le projet de construction d’un vaste centre de traitement des eaux à Rasafa, dans l’est de Bagdad.

M. Ibrahim a expliqué que ce projet avait été estimé à environ un milliard de dollars et qu’il avait été initialement conçu pour permettre de fournir 910 000 mètres cubes (m3) d’eau, et, à terme, 2,275 millions de m3.

Selon lui, la demande journalière en eau potable à Bagdad est d’au moins 3,25 millions de m3, contre environ deux millions de m3 seulement d’eau courante distribués chaque jour, à l’heure actuelle.

« Nos canalisations d’eau sont vieilles de plus de 30 ans et c’est la principale raison qui explique la contamination de l’eau, puisque celle-ci se mélange soit aux eaux usées, soit à l’eau souterraine », a-t-il expliqué à IRIN.

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