Appel à l’aide pour les déplacés près de la frontière kényane

Les autorités de la ville frontalière de Dobley, située dans la région du Bas Juba, en Somalie, ont demandé qu’une aide d’urgence soit apportée aux milliers de personnes déplacées de la région, qui ont besoin de vivres, d’eau et d’un hébergement.

« Quelque 2 500 familles [environ 15 000 personnes] sont arrivées à Dobley ces deux ou trois derniers mois », a indiqué Mohamed Mahdi, responsable des affaires humanitaires auprès des autorités locales.

Un camp de déplacés a été temporairement ouvert à la lisière de la ville, a-t-il dit, les déplacés étant devenus trop nombreux pour la population d’accueil.

Dans cette petite ville de 15 000 habitants, a-t-il poursuivi, chaque foyer héberge en effet jusqu’à deux ou trois familles déplacées.

Selon M. Mahdi, un grand nombre de déplacés arrivent à pied ou par camion chaque jour. « Il n’y pas une seule période de 24 heures où nous ne recevons personne », a-t-il déclaré.

Certains déplacés ont fui Mogadiscio pour échapper à la dernière vague de violence qui secoue la capitale, tandis que d’autres reviennent de la frontière kényane, n’ayant pas réussi à la traverser pour se réfugier dans le pays voisin.

Un travailleur humanitaire a déclaré à IRIN, sous le couvert de l’anonymat, que les déplacés arrivaient souvent affamés, épuisés et traumatisés par le trajet à pied jusqu’à Dobley. « Certains arrivent avec de jeunes enfants et n’ont rien à leur donner à manger ni aucun abri où les loger ».

« Il m’a fallu 15 jours pour faire le trajet jusqu’à Dobley. J’ai quitté Mogadiscio lorsque ma mère et mes trois frères ont été tués par un obus, tombé sur notre maison. Je suis venu ici avec ma femme et mes enfants pour échapper au danger », a raconté Maadey Oyow, 37 ans, arrivé de Mogadiscio.

M. Oyow et sa famille vivent au camp avec 560 autres familles. À ce jour, seuls les habitants de Dobley leur ont porté assistance, a-t-il expliqué.

« La ville nous a ouvert ce camp quand nous sommes devenus trop nombreux et ils nous aident en nous donnant de l’eau et tout ce qu’ils ont les moyens de nous donner », a indiqué M. Oyow.

Les déplacés, qui en sont réduits à se contenter d’un repas par jour, auront bientôt épuisé leurs réserves alimentaires, a-t-il ajouté. Hassan Abdi Hashi, membre du comité formé par les habitants de la ville pour aider les déplacés, a expliqué à IRIN que ceux-ci étaient touchés par le sort des déplacés.

« En tant que Somaliens et musulmans, nous devions faire quelque chose pour les aider », a-t-il déclaré. « Ils arrivent avec rien et sont dans un terrible état ».

La plupart d’entre eux sont des femmes et des enfants, a-t-il dit, « avec quelques hommes ».

Selon M. Hashi, les habitants de la région n’ont plus les moyens d’aider les déplacés et demandent l’aide des organisations humanitaires internationales.

Mais en raison de l’insécurité qui continue de régner dans certaines régions du sud de la Somalie, il est difficile pour les organisations humanitaires d’intervenir.

Depuis que les affrontements entre les forces somaliennes, soutenues par l’Ethiopie, et les insurgés ont commencé au début de l’année 2007, environ un million de Somaliens ont été forcés de fuir, et quelque 6 500 civils ont été tués.

Environ 2,6 millions de Somaliens ont aujourd’hui besoin d’aide. Et leur nombre devrait atteindre 3,5 millions d’ici à la fin de l’année si la situation humanitaire ne s’améliore pas, selon les Nations Unies.

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