Les déplacés survivent avec moins d’un repas par jour – CICR

De nombreuses familles déplacées par les violences en Somalie survivent en prenant moins d’un repas par jour et en dépensant une bonne partie de leurs maigres revenus pour acheter de l’eau potable, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

« Nous nous sommes rendus dans des endroits où les populations déplacées avaient peu de nourriture et à peine quelques biens », a déclaré Daniel Gagnon, spécialiste des secours au CICR en Somalie, dans un communiqué daté du 11 mars. « Les gens nous ont dit que les bombardements qui ont eu lieu à Mogadiscio [la capitale] étaient tellement nourris qu’ils avaient fui en laissant derrière eux jusqu’à leurs biens personnels les plus indispensables ».

Une équipe d’évaluation dépêchée sur place par le CICR a rapporté que les pénuries d’eau et de vivres menaçaient la survie des populations dans les régions de Mudug, Galgudud, Nugaal et Bakool, entre autres.

Le CICR a exprimé des préoccupations au sujet de la situation humanitaire de plus en plus grave, observée en Somalie : tandis que ces dernières semaines, l’attention des médias a été retenue par d’autres crises africaines, a indiqué l’organisation, le conflit armé en Somalie s’est intensifié, non seulement à Mogadiscio, mais aussi dans d’autres régions du pays.

Extrême sécheresse

« Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées », a indiqué le CICR. « Leur situation a été aggravée par un manque de précipitations chronique. De plus, le coût de la vie a considérablement augmenté, à tel point que bon nombre de personnes n’ont plus les moyens de se procurer de la nourriture ni d’autres produits essentiels ».

Dans certaines régions du pays, la population est entièrement dépendante de l’élevage et du commerce. Or, les pâturages sont aujourd’hui arides dans bien des régions et les éleveurs perdent leurs bêtes, devenues si faibles qu’elles ne peuvent plus parcourir les distances de plus en plus longues qui séparent les pâturages verts des quelques rares points d’eau.

« Ces familles endurent d’extrêmes souffrances. Leurs conditions de vie sont choquantes. A certains endroits, la nourriture, l’eau, les produits ménagers essentiels et les installations sanitaires sont rares voire inexistants », a expliqué M. Gagnon, soulignant en ces mots le sort de quelque 3 500 familles arrivées il y a deux mois à Guriel, à 300 kilomètres de Mogadiscio.

La région de Mudug a également été frappée par une période d’extrême sécheresse, qui a privé certaines communautés de la région de leurs moyens de subsistance élémentaires.

« Cette région est touchée par une extrême sécheresse : il n’y a pas eu de précipitations suffisantes depuis trois ans », a noté Julian Jones, coordinateur du CICR dans le domaine de l’eau et de l’habitat en Somalie. « Avec cette grave pénurie d’eau, conjuguée au fait que les pâturages sont bien trop loin, il ne reste plus aux gens qu’à espérer qu’il pleuve ».

Pour les nombreux déplacés qui vivent à quelques kilomètres de Mogadiscio, les soins de santé posent en outre un grave problème, selon le CICR.

« Dans les districts d’Afgoy et Dayniile, les gens s’inquiètent de l’augmentation des problèmes de santé et des maladies, telles que la diarrhée ou le paludisme », a indiqué Rodolfo Rossi, délégué médical du CICR en Somalie. « Et ils n’ont nulle part où aller pour être convenablement soignés parce qu’à Mogadiscio, c’est trop dangereux ».

Le CICR a aidé la Société du Croissant Rouge somalien à ouvrir trois centres de santé temporaires à Afgoy et un centre à Dayniile, en janvier et février. Selon l’organisation, le nombre élevé des blessures par armes à Mogadiscio continue de susciter de vives préoccupations.

js/mw/nh/ads/ail