Record mondial de mortalité infantile et maternelle – UNICEF

La Sierra Leone présente les taux de mortalité infantile et maternelle les plus élevés du monde en raison du manque d’investissement dans les programmes de santé, de la malnutrition et des pratiques culturelles préjudiciables observées dans le pays, a déclaré à la presse Ann Veneman, directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), dans la capitale sierra-léonaise.

« Dans ce pays, la mortalité infantile est la plus fréquente au monde, puisqu’elle représente 270 décès pour 1 000 naissances », a indiqué Mme Veneman le 29 février, dernier jour de sa visite de trois jours dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

« Si vous êtes un enfant né en Sierra Leone, vous avez plus d’une chance sur quatre de ne pas survivre jusqu’à votre cinquième anniversaire », a-t-elle observé.

La Sierra Leone réalise également la plus piètre performance en matière de soins prénataux, puisqu’une femme sur huit y meurt au cours de sa grossesse ou pendant l’accouchement, contre une sur 76, en moyenne, dans le reste des pays en voie de développement, et une sur 8 000 dans les pays développés.

« La comparaison montre bien les difficultés auxquelles les femmes sont confrontées dans ce pays », a ajouté Mme Veneman.

Les causes de la mortalité infantile et maternelle sont bien connues des experts de l’aide humanitaire. Les vaccinations régulières, les compléments de vitamine A et la réhydratation des enfants qui souffrent de diarrhée aiguë, ainsi que l’utilisation de moustiquaires par les femmes et les enfants pour se protéger des moustiques porteurs du paludisme sont autant de méthodes simples qui se sont avérées efficaces pour préserver la vie des femmes et des enfants.

« Aujourd’hui [en Sierra Leone], le défi consiste à déployer ces programmes », a déclaré Mme Veneman, soulignant la nécessité de traiter les problèmes d’insécurité alimentaire et de nutrition. « Il s’agit à la fois de savoir comment reconstruire l’agriculture de ce pays […] mais aussi d’assurer que les populations se nourrissent convenablement et achètent les bons aliments ».

En Sierra Leone, la plupart des pratiques culturelles sont nuisibles à la survie des enfants, selon l’UNICEF. Les mariages précoces (de mineurs), les mutilations génitales féminines/excisions et le travail des enfants y sont couramment pratiqués.

« Toutes ces pratiques contribuent à [affecter] la santé et le bien-être des femmes et des enfants, et la santé de la nation », a fait remarquer Mme Veneman.

Mais de toutes ces pratiques culturelles, selon Mme Veneman, la plus préjudiciable reste l’absence d’allaitement des nourrissons sierra-léonais, qui reçoivent dès la naissance de l’eau au lieu du lait, et des enfants qui sont nourris à l’eau de riz plutôt qu’au lait maternel.

« Dans ce pays, seules 10 pour cent des femmes nourrissent leurs bébés exclusivement au sein pendant les six premiers mois », a-t-elle noté.

Avec ses taux records de mortalité infantile et maternelle à l’échelle mondiale, et son statut de pays en période post-conflit, la Sierra Leone devrait recevoir à la fois un soutien humanitaire et une aide au développement, selon Mme Veneman.

« En contexte post-conflit en particulier, il s’agit toujours de savoir où se situe la frontière entre la crise humanitaire et les questions liées au développement », a-t-elle fait remarquer.

« L’UNICEF tend à considérer les pays en situation d’après-guerre comme un continuum pour lequel il faut un mélange des deux : des cas particuliers, qui demandent à la fois de l’humanitaire et du développement ».

nr/dh/nh/ail