Pénuries de vivres et d’eau à Galgudud

Le peu, voire l’absence, de précipitations dans le district d’Abudwaq, à Galgudud (centre), a entraîné de graves pénuries de vivres et d’eau pour des milliers d’habitants, selon l’administration locale.

« Presque toutes les zones du district ont été touchées, et certaines ont même perdu entre 60 et 70 pour cent de leur bétail », a indiqué à IRIN Mohammed Awil Janagale, commissaire du district d’Abudwaq, le 28 janvier, ajoutant que les habitants dépendaient de leur bétail pour vivre, et « qu’une fois que le bétail serait parti, ils ne mettraient pas longtemps à le rejoindre ».

Le problème est particulièrement grave dans les villages de Dhabad, Bali Ad, Galmeygag, Buulaley et Ari Adeys, a poursuivi M. Janagale. La petite saison des pluies (deyr), qui a généralement lieu entre octobre et décembre, a été quasi-absente, a-t-il indiqué.

Le rapport publié le 10 janvier par le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS Net) a confirmé que les précipitations de la deyr avaient été anormalement faibles dans la plupart des régions du centre somalien, limitant la dépaissance et réduisant les réserves d’eau.

Au cours des deux dernières semaines, les rapports en provenance du terrain faisaient état de graves pénuries d’eau à la fois pour l’homme et pour les animaux, dans les régions centrales de Hiiraan et Galgudud, et dans plusieurs poches de Bay et Bakool, selon FEWS Net.

Plusieurs familles de nomades ayant perdu une partie de leur bétail ont commencé à se déplacer vers la ville d’Abudwaq pour demander de l’aide aux membres de leurs familles élargies, a expliqué M. Janagale.

Mohammed Adan Botan, un sage du village d’Ari Adeys, a indiqué à IRIN qu’il avait perdu 350 chèvres et moutons en raison de la sécheresse. « Il n’y a pas de pâturage nulle part et l’eau est encore plus rare ».

La sécheresse commence aussi à décimer les chameaux dans sa région, a-t-il également déclaré. « Les chameaux sont les derniers à succomber à la faim et lorsque c’est le cas, les populations sont les prochaines à les suivre », a-t-il ajouté.

Selon M. Janagale, les autorités locales n’ont pas les moyens de faire face à la situation et demandent au gouvernement et aux organisations humanitaires d’intervenir avant que la situation ne s’aggrave davantage.

« Si nous n’obtenons pas rapidement de l’aide, il sera peut-être trop tard pour certains », a-t-il souligné. « Certaines populations en sont à un point tel qu’elles n’arrivent plus à survivre », a-t-il prévenu, ajoutant que les éleveurs ne parvenaient plus à vendre leurs bêtes au marché pour se procurer de l’eau et des vivres.

« Personne n’achète des bêtes qui n’ont que la peau sur les os, et c’est tout ce qu’ils ont ».
Toujours d’après M. Janagale, les prix des vivres et du carburant ont plus que doublé, et bon nombre d’habitants n’ont désormais plus les moyens de s’en procurer.

« Par exemple, le baril de diesel [200 litres] est passé de 150 à 235 dollars en quelques mois », a observé M. Janagale.

Selon Abdel Razaq Ahmed Warsame, médecin à Abudwaq, bon nombre d’enfants, de femmes enceintes et de femmes en période de lactation présentent des signes de malnutrition. La plupart, a-t-il indiqué, présentent les symptômes de « maladies liées à la nutrition, telles que la pneumonie, l’anémie ou la diarrhée ».

L’acheminement de l’eau par camions jusqu’aux régions les plus touchées devrait être une priorité, selon M. Janagale. En outre, pour pouvoir fonctionner de manière optimale, certains forages encore en service doivent être alimentés en carburant et équipés de pompes, a-t-il indiqué, ajoutant que des vivres devaient être distribués « de toute urgence » aux populations des régions les plus gravement touchées, de même que du fourrage, peut-être, pour sauver ce qui reste de leur bétail.

ah/mw/nh/ads