Flambées de violence et action humanitaire en péril

L’insécurité croissante qui règne à Mogadiscio, capitale de la Somalie, fait de plus en plus obstacle au travail des organisations humanitaires qui tentent de gérer « la catastrophe humanitaire en cours » dans ce pays de la Corne de l’Afrique, s’alarme un groupe d’organisations non-gouvernementales (ONG).

« Les ONG nationales et internationales ne sont pas en mesure de réagir efficacement à la crise car l’accès [aux populations vulnérables] et la sécurité se dégradent considérablement, alors même que les besoins se multiplient », ont déclaré 40 ONG dans un communiqué publié le 30 octobre.

« Une catastrophe humanitaire est en train de se produire dans le centre-sud de la Somalie. A l’heure actuelle, des dizaines de milliers de personnes fuient pour échapper aux flambées de violence qui ont éclaté à Mogadiscio ; elles viennent s’ajouter aux 335 000 personnes déjà en mal d’une assistance immédiate et vitale à Mogadiscio et dans [les régions de] Shabelle [Basse et Moyenne] », peut-on également lire dans le communiqué.

Selon les ONG, il incombe aux parties prenantes au conflit actuel ainsi qu’à la communauté internationale de protéger les civils, de permettre l’acheminement de l’aide, de respecter l’espace humanitaire et de veiller à la sécurité des travailleurs humanitaires.

Ces organisations estiment que les problèmes les plus graves sont, entre autres, le harcèlement, l’intimidation, les bombes posées au bord des routes, les mines terrestres et les retards croissants aux postes de contrôle, où il faut s’acquitter d’un péage pour pouvoir passer.

« L’objectif de ce communiqué est de souligner à quel point il est difficile d’apporter [aux populations] l’aide dont elles ont besoin et la frustration des ONG devant leur incapacité à intervenir efficacement », a expliqué Réiseal Ní Chéilleachair, responsable de la coordination du Consortium des ONG, au nom des ONG.

Un calme relatif régnait le 31 octobre à Mogadiscio pour la deuxième nuit, à la suite d’un week-end d’affrontements sanglants entre les insurgés et les soldats du gouvernement, soutenus par les troupes éthiopiennes alliées ; des hostilités qui ont provoqué le déplacement de milliers de familles et coûté la vie à plus de 30 personnes.

Malgré tout, selon une source de la société civile, les familles déplacées craignent une reprise des affrontements et ne sont pas retournées chez elles. « Je pense que, pour l’instant, bon nombre de personnes vont rester là où elles pensent pouvoir passer la nuit en sécurité », a-t-il ajouté.

« Selon nos rapports préliminaires actuels, 35 000 personnes ont fui la ville au cours du week-end », a expliqué à IRIN Catherine Weibel, chargée de communication associée au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en Somalie.

La plupart des personnes qui ont quitté Mogadiscio se sont dirigées vers Afgooye ; or, cette ville, située à 30 kilomètres au sud de Mogadiscio, se débattait déjà pour faire face à un afflux précédent de près de 100 000 personnes, qui avaient fui la capitale plus tôt cette année, selon l’agence.

Les violents affrontements qui opposent depuis février dernier les insurgés aux soldats du gouvernement, soutenus par les forces éthiopiennes, auraient fait au moins 1 000 morts et plus de 400 000 déplacés.

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