Des milliers d’habitants fuient la région contestée de Sool

La prise de contrôle par les troupes du Somaliland de la région contestée de Sool a ravivé les tensions entre les autorités de la République autoproclamée de Somaliland et celles de la région autonome autoproclamée de Puntland, provoquant du même coup le déplacement de près de 20 000 habitants de la région, selon des sources locales.

Le 15 octobre, des troupes fidèles aux autorités du Somaliland se sont emparées de Las Anod, la capitale de la région de Sool, contrôlée précédemment par l’administration du Puntland.

« Il y a des manifestations hostiles à l’arrivée des forces du Somaliland et de nombreuses personnes quittent la ville », a affirmé un journaliste local. « La plupart d’entre elles se sont réfugiées dans les villes et villages voisins ».

Selon un rapport du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires en Somalie, publié le 19 octobre, quelque 500 familles auraient fui la ville de Las Anod et se seraient rendues, pour la plupart, à Ba’ome, un district du sud-est.

D’autres familles se seraient réfugiées à Garowe, dans des villages voisins et dans quelques districts du nord-est tels que Hudun et Taleh. « La population est dépourvue de nourriture, d’abris et d’assistance médicale », note le rapport.

« Actuellement, nous estimons à 20 000 le nombre de personnes déplacées », a confié à IRIN Abdirahman Mahamud Bankah, le ministre de l’Information du Puntland, le 22 octobre.

Les tensions créées par l’arrivée des forces du Somaliland n’ont pas permis d’apporter une assistance humanitaire aux déplacés, a-t-il affirmé.

Les autorités du Somaliland, pour leur part, ont rejeté ces affirmations, arguant que la propagande de l’administration du Puntland avait provoqué ces déplacements de populations parce qu’elle tendait à leur faire croire qu’elles seraient maltraitées.

« Elle [l’administration du Puntland] mène une campagne d’intoxication dans les médias pour créer un sentiment de peur au sein de la population », a déclaré Said Adani, le porte-parole du gouvernement du Somaliland. « Elle devrait cesser d’apeurer la population avec ces fausses informations. Personne n’a été blessé depuis que l’administration du Somaliland a pris le contrôle de Las Anod, et personne ne le sera ».

Selon M. Adani, les forces du Somaliland ne se trouveraient pas dans la ville, mais à l’extérieur de celle-ci pour assurer la sûreté et la sécurité de la population. Seuls les membres de l’administration, les ministres et parlementaires locaux seraient présents dans la ville Las Anod pour rétablir le calme, d'après lui.

M. Bankah a néanmoins demandé aux autorités du Somaliland de retirer leurs forces de la région.

« Le camp choisi par la population du Sool devrait être clair pour elles [les autorités du Somaliland] et pour tout un chacun », a-t-il insisté. « Cette région [Sool], comme celle de Sanag [autre région contestée], est une partie indissociable du Puntland ».

Rejetant les craintes de nouveaux affrontements, M. Adani a affirmé que le Somaliland « défendra l’intégrité de ses frontières, mais n’attaquera personne ».

D’autres manifestations se seraient déroulées le 22 octobre. « Des manifestants brûlent des pneus et bloquent les routes », a confié un habitant de la région. « Les manifestations les plus graves ont eu lieu [le 21 octobre]. Des manifestants ont brûlé des pneus et attaqué des ministres du Somaliland ».

Les régions de Sool et de Sanag se trouvent à l’intérieur des frontières de l’ex-Somaliland britannique, mais la plupart des clans dominants ont des liens étroits avec certaines populations de Puntland.

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