La Banque mondiale plaide pour des projets à long terme

Selon un récent rapport de la Banque mondiale, l’aide de la communauté internationale à l’Autorité palestinienne (AP) aurait été « réactive » et non dictée par des objectifs de développement à long terme.

Le produit intérieur brut (PIB) palestinien est devenu plus dépendant de l’aide étrangère et des contributions financières des Palestiniens de la diaspora, et a chuté de 30 pour cent par rapport à son niveau en 1999, précise le rapport.

Intitulé Two Years After London: Restarting Palestinian Economic Recovery, ce rapport sera présenté le 24 septembre, à New York, à l’occasion d’une rencontre du comité de liaison ad hoc, le groupe des principaux donateurs. Cette réunion préparatoire se tiendra en prélude à la grande conférence prévue en fin d’année.

Au cours des deux dernières années, d’énormes fuites de capitaux ont été observées dans les territoires palestiniens occupés, et très peu d’investissements étrangers y ont été réalisés. Les indicateurs de développement social et sanitaire ont également diminué et le taux de participation des femmes au marché du travail « est l’un des plus faibles au monde », note le rapport.

Selon la Banque mondiale, la situation économique palestinienne s’est progressivement dégradée ces dernières années, un déclin amorcé par le déclenchement du soulèvement palestinien de septembre 2000.

Cette crise a été aggravée par l’instabilité politique des deux dernières années, notamment par le boycott économique du mouvement Hamas et du gouvernement de l’AP qu’il dirigeait avant d’être limogé par le président palestinien Mahmoud Abbas, après la prise de contrôle de Gaza par ledit Hamas, en juin.

Les tentatives de la communauté internationale de contourner le Hamas « ont peut-être été une réponse pratique à des contraintes politiques, [mais] elles n’ont été ni efficaces », ni conformes aux besoins de l’AP.

Toujours selon le rapport, Israël a imposé des restrictions à la circulation des populations pour restreindre l’accès aux marchés national et international, à l’eau et aux autres ressources naturelles, et entraver les projets humanitaires.

A Gaza, ces restrictions ont été durement ressenties depuis la fermeture des frontières en juin, une situation qui a entraîné des licenciements massifs, eu des répercussions négatives pour le secteur agricole et provoqué l’arrêt quasi-complet des usines.

Le rapport précise également que la ville de Gaza participe pleinement à l’économie palestinienne et qu’aucun progrès ne peu être envisagé, aussi bien sur le plan économique que par rapport au processus de paix, sans cette enclave.

Selon les Nations Unies, les habitants de la bande de Gaza risquent bientôt de dépendre entièrement de l’aide humanitaire.

Revoir l’aide internationale

Concernant l’aide internationale, octroyée pour des raisons politiques à court terme, plutôt que dans une logique collective de développement à long terme, la Banque mondiale a déclaré :

« L’aide est réactive ; elle manque de leviers pour favoriser ou permettre le renforcement des institutions, ou pour créer une motivation à la mise en œuvre de réformes ».

Par ailleurs, l’économie déclinante « a failli annuler les effets positifs des plus de 10 milliards de dollars d’aide versés au cours des années passées ; de plus, en raison de ce déclin, les fonds octroyés ont dû être consacrés aux dépenses récurrentes et aux opérations humanitaires les plus basiques et essentielles, au lieu d’être investis dans la création d’institutions et d’infrastructures palestiniennes efficaces ».

En outre, en raison de l’absence de projets de développement, l’aide, bien que considérable, n’a pas permis de réaliser des progrès économiques à long terme ; une situation rendue encore plus compliquée par le fait qu’Israël et l’AP n’ont pas « créé un cadre permettant aux fonds d’assurer une croissance durable ».

L’AP aura besoin d’au moins 1,62 milliard de dollars par an, de la part des bailleurs de fonds, pour résorber son déficit croissant ; mais seuls six pour cent de cette somme seront consacrés aux projets de développement à long terme.

L’AP devrait également fixer une « limite temporelle » à sa dépendance vis-à-vis de l’aide internationale, a ajouté la Banque.

La solution

Selon la Banque mondiale, l’AP doit entreprendre des programmes de réformes et atteindre une autonomie fiscale ; l’aide internationale devra servir à appuyer ses reformes ; les restrictions à la circulation des personnes et des marchandises devront être diminuées ; et, « qu’elles soient pratiques ou non dans les circonstances actuelles », ces mesures devraient être mises en œuvre en parallèle et inclure Gaza.

Sinon, il y a peu d'espoir de croissance de l’économie palestinienne, qui de l’avis de la Banque mondiale, est un élément déterminant pour le succès du processus de paix.

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