L'Union Africaine prépare le déploiement de sa mission de maintien de la paix

– Les projets de déploiement d’une force de maintien de la paix en Somalie sont très avancés, l’Union Africaine ayant prévu d’y déployer dans un premier temps trois bataillons opérationnels ougandais et nigérians, ont déclaré de hauts responsables de l’organisation panafricaine

« Notre préoccupation est le déploiement des trois premiers bataillons », a déclaré lundi Said Djinnit, commissaire de l’UA pour la Paix et la Sécurité.

« Si nous commençons le déploiement des troupes, et si, comme nous l’espérons, cela crée une dynamique positive sur le terrain, je pense que trouver des troupes supplémentaires ne constituera plus un problème majeur », a confié à la presse M. Djinnit avant les réunions d’Addis Abeba, le siège de l’organisation panafricaine, prévues pour la mise en place de la phase opérationnelle de la mission de maintien de la paix de l’UA, en Somalie (AMISOM).

« Le financement et la logistique restent notre plus grande préoccupation », a-t-il ajouté.

L’Ouganda a déjà nommé le commandant de cette force et envoyé une mission de reconnaissance en Somalie. En outre, l’éventualité du déploiement des troupes ougandaises est actuellement examinée par le parlement.

Les réunions de l’UA doivent se terminer mercredi. « Un groupe comprenant l’UA, l’IGAD [Autorité Intergouvernementale sur le Développement], les Nations-Unies, les gouvernements de Somalie et d’Ethiopie ainsi que les pays africains contributeurs de troupes, étudie actuellement les modalités du déploiement de la force africaine », a ajouté Djinnit.

« Ce groupe va préparer des documents sur les règles d’engagement, les équipements, les plans de mission et d’autres aspects liés au déploiement », a-t-il poursuivi.

Il y a eu une autre réunion à laquelle ont pris part tous les états membres désireux d’apporter un soutien logistique et financier à la mission.

« Nous sommes maintenant en plein travail et dans la phase de préparation active du déploiement. Le sentiment général est que les choses avancent rapidement grâce au soutien de la communauté internationale », a expliqué Djinnit.

Cinq pays ont déjà accepté d’envoyer des troupes : l’Ouganda, le Nigeria, le Ghana, le Malawi et le Burundi. Cependant, les effectifs que ces pays comptent fournir ne représentent que la moitié des 8 000 soldats sollicités dans les résolutions du Conseil de paix et de sécurité de l’UA.

L’UA a donc fait appel à aux autres pays pour qu’ils contribuent à la force de paix ou apportent leur soutien financier. Jusque-là, l’Algérie et les Etats-Unis ont accepté de fournir une aide logistique pour le transport des troupes. La Grande-Bretagne a offert 8 millions de dollars américains, tandis que l’Union Européenne a promis de débloquer 15 millions d’euros (19,5 millions de dollars).

Les Etats-Unis contribuent déjà au financement de l’AMISOM à hauteur de 14 millions de dollars. « L’engagement de l’UA est clair et les progrès sont notoires », a confié à la presse Cindy Courville, l’ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’UA.

La situation sécuritaire en Somalie se dégrade. Plusieurs attaques ont été rapportées ces derniers jours, en particulier à Mogadiscio, la capitale. La semaine dernière, des centaines de manifestants ont menacé de mener des actions de guérilla contre les troupes étrangères déployées en Somalie.

Les forces de maintien de la paix viennent soutenir le fragile gouvernement de transition qui a pris le contrôle de Mogadiscio après que ses troupes, appuyées par l’Ethiopie, aient défait en décembre dernier les miliciens de l’Union des tribunaux islamiques.